Kisangani : gazés, bastonnés et jetés au cachot, la pénible journée des étudiants anti-massacres de l’Est

« Gazés, giflés, bastonnés et torturés pas comme possibles », c’est de cette manière que les étudiants arrêtés par force lors d’une marche décrivent le traitement qu’ils ont subits de la part de la police ce jeudi 10 décembre 2021, sur ordre du commissaire provincial de la police, avant d’être libérés quelques après plus de deux heures passées au cachot de la PNC/Commune de la Tshopo.

Tout juste à la sortie de la prison, trois étudiants qui ont été arrêtés non loin du stade du CS Makiso, lieu du départ d’une marche exigeant le rétablissement de la paix dans l’Est de la RDC, se sont librement confié à kis24.info. Ces derniers font le récit d’une journée pénible alors que le monde entier célébre la journée de droit de l’homme. À en croire les propos de Pierre Tetunabo alias Lumumba, étudiant et militant pro-démacratie, les éléments de l’ordre déployés sur le lieu « ne sont pas venus pour réprimés la marche. Ils sont plutôt venus pillés ». Toujours selon lui, il a subi des coups sur le thorax. « Et maintenant, je vois déjà mon cote se déclasser », regrette-t-il tout en déplorant le pillage de ses 18.000 FC par un élément de la police.

Tout comme son collègue et désormais codétenu dans le même dossier, Shabani Loswire a subi les mêmes traitements qu’ils qualifient d’inhumains. Il dit être sérieusement tabassé alors que la marche était encore au point zéro et était pacifique.

« Malheureusement, juste au départ, il y a eu une police inexplicable qui est venue nous arrêter. Avant de nous embarquer dans la jeep. On a sérieusement été tabassé », raconte-t-il pied nu.

De sa part, Sedar Kalaki, alors directeur de cabinet du représentant des étudiants, dit avoir vu tout ce qu’il avait en poche partir avant même d’être embarqué dans une des jeeps de la police.

« Notre police ne fait pas bien correctement son travail. Avant d’être amené dans un cachot, j’ai été agressé de toutes les manières. Ils ont pris mon porte-monaie, toutes mes pièces d’identités ainsi que mon téléphone. Nous avons été très mal traités », ajoute-t-il.

Décrivant la profondeur de cette incarcération temporaire au cachot du Groupe Mobile d’Intervention de la PNC dans la commune de la Tshopo, Monsieur Tetunabo assure qu’ils se sont sentis alaise en prison que pendant les autres moments.

« On s’est senti en sécurité dans la prison puisqu’avant d’arriver en prison, on a été torturé comme pas possible. Dans la jeep, ils se sont assis sur nous, nous avons été frappés moyennant leurs souliers, ils ont contrôlé nos poches… », a-t-il renchéri.

Sans arme, pas de parole hostile, cette marche organisée par la Coordination Provinciale des Étudiants, revêtait d’un caractère pacifique, l’apprend-t-on. Elle a été organisée pour dire non aux tueries dans l’Est de la RDC, en insécurité totale depuis plus d’une décenie. Les étudiants arrêtés ont été libérés après une forte pression des étudiants depuis le campus central où des coups de feu ont été audibles dans le site universitaire dispersant les étudiants en furie contre l’arrestation de leurs.

Selon nos sources proches de la mairie, la marche était interdite pour des raisons sanitaires liées à la riposte contre la pandémie de covid-19.

Gaston MUKENDI

Steves

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