Perquisition de la Résidence du Prof Maindo : « En réalité, je suis dans le viseur du régime en place » (Invité RFI)

Il y a près de deux mois, le Professeur Alphonse Maindo a été victime d’une tentative d’arrestation par les militaires et d’une forte perquisition de son domicile de Kisangani. Les faits macabres se sont déroulés tôt le matin du 10 juin 2022.

Le politologue et vaillant défenseur des droits humains était le premier a alerté à travers son fil Twitter. « Je suis cerné par des éléments de l’armée depuis 5h ce matin à ma résidence à Kisangani. Ils exigent de rentrer dans l’enclos. Ils ne disent pas pourquoi. Je n’ouvre pas », avait-il indiqué, peu après une forte mobilisation, les militaires ont renoncé à son arrestation, après avoir perquisitionné sa résidence.

Invité spécial de Christophe Boisbouvier, au journal de la RFI, diffusé vendredi 05 août, le Professeur Alphonse Maindo n’a pas manché sa langue. Pour lui, il n’est ni seulement dans le viseur des militaires mais aussi celui du régime actuel.

« Alors en réalité, je ne suis pas seulement dans le viseur des militaires, je suis dans le viseur du régime en place, parce que je suis militant des droits humains, donc nous sommes en train de dénoncer les crimes qui sont restés impunis depuis de longues années et il se fait que parmi les gens qui sont aujourd’hui aux affaires, il y a un certain nombre de gens qui sont présumés auteurs ou qui sont vraiment cités dans différents rapports, comme le rapport Mapping, comme étant les auteurs de ces crimes les plus graves », a-t-il fait remarquer.

Et de marteler : « ce n’est pas un hasard que cette tentative d’arrestation se soit passée le 10 juin qui était donc la date anniversaire de la fin de la Guerre des six jours qui avait opposé, au plus fort de la guerre en juin 2000, les Rwandais et les Ougandais à Kisangani, entrainant plus de 1000 morts, et j’ai fait une conférence à l’amphithéâtre de Kisangani, le 6 juin dernier, pour dénoncer cette situation, j’ai dit qu’il y avait encore des gens qui étaient dans l’impunité et qui narguaient leurs victimes, puisqu’il y en a qui sont encore aux affaires, y compris dans la ville de Kisangani. Ainsi, il se trouve qu’on a là un des officiers qui a participé à ces opérations en 2000 qui est commandant de la 31eme région militaire, donc on comprend bien que ce type de discours ne puisse pas leur faire plaisir ».

Alphonse Maindo est un fervent défenseur des droits humains depuis plusieurs années à Kisangani et au pays. Dans sa lutte acharnée pour le bien-être du congolais, il dit tout haut ce qui se dit tout bas. « Notre lutte ne vise pas les personnes, mais à extirper les maux qui rongent notre société. Donc, elle sauvera aussi les auteurs des maux. Distinction claire entre le péché et le pécheur à sauver avec la nation », se persuade-t-il.

Depuis un bon bout de temps, Maindo a, avec ses collègues intellectuels du pays, initié un appel à la candidature présidentielle de Denis Mukwege. Il est convaincu que l’homme qui répare les femmes et la société serait le mieux indiqué pour sauver le navire, qui tempête déjà sous les eaux.

« Cap 2023, objectif : transformer la RDC. Rassembler forces vives autour d’un leadership compétent, visionnaire et humaniste avec Denis Mukwege, le réparateur du Congo meurtri et malade. Pas d’homme providentiel, mais meneur d’hommes pour bâtir ensemble pays de nos rêves », écrit-il dans un tweet.

Serge Sindani

Journaliste Multimédia & Reporter

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