Tshopo / EPST : à Yalisombo, le calvaire des élèves qui « étudient à même le sol et cèdent les cours au ciel noir » (Récit)

C’est à peu près 25 km, au sud de Kisangani, sur la rive droite du mythique fleuve Congo, dans la commune urbano-rurale de Lubunga. En face de Yakusu, divisé par le fleuve, Yalisombo étale ses méandres. C’est une localité, avec plus ou moins 5 milles habitants qui s’efface petitement de la cartographie d’enseignement primaire, secondaire et technique (EPST). Près de cinq (5) écoles primaires, de la place, construites quasiment en paille, ont cédé aux intempéries. Les élèves étudient à même le sol et sèchent les cours voyant le ciel devenu noir, par peur d’une pluie dévastatrice.

Récit

17 avril 2022, Dimanche de Pâques, le reporter de Kis24 s’éclipse de l’ambiance pascale et va au cœur de la Tshopo profonde, dans la localité de Yalisombo, contiguë de Lubunga centre. Peuple généreux et très accueillant, la collaboration fut parfaite. « Je m’appelle Mabélé, ici à Yalisombo, il y a toutes les diversités culturelles et sociales. Moi je fais le foot et suis un élève finaliste de l’EP Yalisombo », nous accueille, en lingala, un gaillard, très populaire du coin.

Le rendez-vous est improvisé. Du coup, on parle de l’état des lieux des écoles dans le coin. L’homme nous accompagne auprès du Directeur de l’EP MONGENGE, avec qui on fera la ronde dans certaines écoles. « tout est catastrophique », lâche le Directeur, Arthur Otulo.

« À Yalisombo, nous avons 5 écoles primaires. La première, elle est officielle et porte le nom de la localité. Il ya aussi 3 instituts secondaires dont Yalisombo, Mongenge et la victoire. Nous avons des difficultés à ce qui concerne les infrastructures. Les conditions sont vraiment difficiles. Les élèves étudient à même le sol et nous les libérons quand il y a la pluie. Il y a pas des toitures. Les autres élèves viennent avec les petites chaises de la maison, faites par bambous », décrit-il, ensuite.

Le Directeur Arthur Otulo de l’EP Mongenge devant son bureau de travail © Serge Sindani

Les NU en détresse, la gratuité d’enseignement mise à l’épreuve

« Oui, plusieurs enseignants ne sont pas payés ici. C’est un réel problème qui pèse sur la gratuité scolaire », confirme, en swahili local, un membre du comité des parents de l’EP Mongenge, habitant à quelques mètres de l’école.

À l’EP Mongenge, créée vers 2015, Il y a douze salles de classes dont trois seulement sont bâties en tôles, mais sans bancs. Ces salles équivalent donc au douze (12) enseignants. Selon le directeur, et lui, et tous, sont pas encore payés par l’État. « Ici, nous avons 12 enseignants et moi, tous ne sommes pas payés. Jusque-là, on a rien demandé aux enfants. Les cas sont quasiment les mêmes dans d’autres écoles. Nous ne faisons pas le contraire du gouvernement qui nous a promis récemment. Nous attendons la matérialisation de la promesse, même si nous sommes délaissés en détresse », se déchaîne, le Directeur Arthur Otulo.

Vue de l’intérieur une salle de classe à l’EP Mongenge © Serge Sindani

Face à cette situation calamiteuse qui pèse lourdement sur le futur radieux des enfants élèves, cadres de demain, les autorités sont mises devant leurs différentes responsabilités. À part, les quelques contributions des bienfaiteurs dont Jean Tokole, Mme Christine Lindondo, etc, l’État est appelé à sauver la situation. « Nous demandons à nos autorités compétentes à Kisangani, à Kinshasa, de nous venir en aide. L’avenir de nos enfants est sombre », a insisté Jean Ekila Balungu, leader et membre de la société civile locale.

Serge SINDANI, De retour de Yalisombo

Redaction

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