Une tension inhabituelle secoue le territoire de Bafwasende, à près de 262 kilomètres de Kisangani, au cœur de la province de la Tshopo. Ce qui n’était au départ qu’un drame familial s’est transformé en une crise sécuritaire aux répercussions préoccupantes pour cette entité déjà fragilisée par un contexte régional sensible.

À l’origine des troubles, un cas de maladie communément appelée « Mbasu », dont souffrait l’épouse d’un habitant connu sous les sobriquets de « Tremblement » ou « Ebembe ». Sur fond de différend avec le chef de groupement, l’homme aurait attribué l’état de santé de sa conjointe à un supposé mauvais sort jeté par l’autorité coutumière.

La disparition de la dame, intervenue dans une atmosphère électrique, a servi de catalyseur à une colère latente. Très vite, la situation a échappé au cadre strictement privé pour prendre une dimension communautaire.

Alertées, les autorités territoriales ont dépêché des éléments de la Police nationale congolaise afin de contenir les débordements et rétablir l’ordre public. Mais l’intervention aurait mal tourné. D’après les premières informations disponibles, les forces de l’ordre, confrontées à une foule difficile à maîtriser, seraient passées des tirs de sommation à l’usage de balles réelles. Deux civils auraient perdu la vie.

En réaction, des habitants en furie auraient riposté à l’aide d’armes de calibre 12. Un policier, grièvement atteint à la jambe, se trouverait dans un état critique.

Face à l’escalade, des renforts des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont été sollicités pour appuyer les unités de police, en attendant une implication plus directe de l’autorité provinciale. Malgré ce déploiement, la tension demeure palpable.

Élu du territoire, l’honorable Justin Bendesana s’est exprimé avec gravité. Appelant au calme et à la retenue, il exhorte la population à éviter toute action susceptible d’aggraver la situation. Dans le même temps, il demande que des enquêtes sérieuses soient diligentées afin de faire toute la lumière sur ce qu’il qualifie de bavures policières, estimant que le drame aurait pu être évité.

Le député rassure ses électeurs quant à sa détermination à suivre de près l’évolution des événements jusqu’au retour à l’accalmie. Il insiste sur la nécessité d’une gestion responsable et transparente de cette crise, dans un contexte sécuritaire régional déjà marqué par des menaces récurrentes.

À Bafwasende, l’heure est désormais à l’apaisement, à la vérité et à la responsabilité collective. Car au-delà des affrontements, c’est la cohésion sociale d’un territoire entier qui se joue.

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