Les vacances parlementaires de la sénatrice Madeleine Nikomba Sabangu dans sa province d’origine continuent de susciter admiration et analyses. Arrivée depuis Jeudi 26 juillet, Me nikomba n’a tardé des prendre quelques problemes des tshopolais en bras le corps. Parmi les voix les plus marquantes, celle de Grison-Trésor Kakumbi, professeur des universités, philosophe et chercheur, s’est élevée pour proposer une lecture intellectuelle du parcours et du message de l’élue des élues de la Tshopo invitant la classe politique locale a un débat d’idée et non des individus.

Dans une correspondance adressée à KIS24, Kakumbi juge positif le bilan de cette tournée parlementaire. Selon lui, la sénatrice a su démontrer, par sa proximité, son action et ses prises de parole qu’elle est bien un choix crucial sur qui peut reposer l’espoir et l’avenir d’une province résiliente et poussée vers son développement.

Durant son court séjour à Kisangani, Madeleine Nikomba a mené plusieurs actions significatives : rencontres avec le gouverneur de province et le président de l’Assemblée provinciale à l’aube d’une crise interinstitutionnelle, échanges avec d’anciens députés provinciaux, mais aussi la pose des actions philanthropiques marquantes à la veille de la célébration de la fête de l’indépendance.

Pour cet enseignant de l’université de Kisangani, ces gestes ne relèvent pas seulement du protocole où les politiciens fondent leurs politiques dans les folklores :

Ce sont des actes qui traduisent une conception exigeante de la mission politique. Elle revient vers le peuple, écoute, partage, et agit. »

« Tshopo il faut ebonga », plus qu’une formule populaire

Mais au-delà des actes, c’est le discours de la sénatrice qui interpelle le philosophe. Dans une réponse à la question d’un journaliste présent à la conférence de presse tenue dimache 29 juin au Lycée Malkiah sur son slogan devenu viral « Tshopo il faut ebonga ! Tshopo ekobonga na n’koo ! », Kakumbi voit bien plus qu’une formule populaire.

Cette maxime est élégante, mais surtout profonde. Elle incarne une philosophie de l’espoir, dans un contexte de désillusion historique, notamment après l’échec en refrain de plusieurs gestions masculines dans la province. »

L’analyse du philosophe contemporain remonte aux origines de cette expression, née dans un climat de pessimisme social. La sénatrice, en tant que femme engagée en politique, vient incarner un contre-discours puissant, un appel à la résilience collective et à la transformation.

Il note que ce message s’est étendu à l’échelle nationale, avec une déclinaison tout aussi évocatrice : « Congo il faut ebonga ! Congo ekobonga na n’koo ! »  un cri d’espoir dans un pays encore secoué par des conflits injustes, des crises de gouvernance et des frustrations populaires à la merci des ennemis éternels.

Vers un projet de recherche et de colloque national

Grison-Trésor Kakumbi, à travers le Laboratoire de philosophie du droit, de l’éducation et du numérique, annonce la mise en place d’un projet de recherche dédié à la philosophie de l’action publique, à partir du cas de Madeleine Nikomba.

Nous voulons interroger cette démarche, l’inscrire dans une réflexion plus large sur le sens du leadership, la responsabilité et l’efficacité politique à l’ère contemporaine », déclare-t-il.

Ce laboratoire de philosophie envisage selon Grison-Trésor Kakumbi, l’organisation d’un colloque, pour recueillir des contributions individuelles ou collectives autour de la question centrale : « Oui, Congo il faut ebonga. Mais comment, pourquoi, et pour qui ? »

À travers cette initiative, Kakumbi montre que la politique peut nourrir la philosophie, tout comme la philosophie peut éclairer l’action publique. Il appelle ainsi à transformer les slogans portés par la population en véritables objets de recherche, capables d’orienter l’action des décideurs.

Madeleine Nikomba, au-delà de son mandat, semble donc poser les bases d’un nouveau rapport entre le politique, l’intellectuel et le peuple, dans un contexte congolais en quête de sens, de stabilité et d’avenir.

Grison-Trésor KAKUMBI Belumba est Professeur à l’Université de Kisangani. Ce Docteur en philosophie, spécialisé en droit et éducation de l’enfant en contexte des conflits en Afrique (RDC) est aussi Directeur du premier et unique laboratoire de philosophie du droit, de l’éducation et du numérique au Département de philosophie en RDC depuis son post-doctorat en philosophie de l’éducation spécialisée en Pratiques de Philosophie avec les Enfants à l’Université de Nantes/Chaire Unesco (France).

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