​Alors que la province de la Tshopo s’efforce d’endiguer la menace du virus Ebola qui frappe à ses portes via les provinces frontalières de l’Ituri, du Nord et du Sud – Kivu par le respect des gestes barrières, comme le lavage régulier des mains, se heurte à une dure réalité sur le terrain. Privés d’accès à l’eau propre, au savon ou à la cendre, les habitants du territoire de Banalia se sentent abandonnés à leur triste sort, poussant la société civile locale à lancer un véritable SOS.

​Banalia est un territoire situé à 128 km de la ville de Kisangani, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC). Déjà fragilisé par de multiples épidémies récentes (méningite, rougeole, conjonctivite) ainsi que par de graves inondations, la région fait aujourd’hui face à une crise humanitaire majeure liée à la pénurie d’eau potable. Joseph Zico BAENE KOMBIZI, vice-président de la société civile forces vives de Banalia, craint en effet l’apparition d’une nouvelle épidémie qui, selon lui, tirerait son origine des rivières polluées, utilisées par les ménages, et des sources insalubres où la population est contrainte de s’approvisionner pour boire.

​Le docteur Amosy Kikwata Guy, spécialiste en santé publique (domaine de la santé et de l’environnement), confirme le bien-fondé de cette alerte. Il précise que l’utilisation d´une eau impropre engendre de nombreuses pathologies d’origine hydrique mortelles telles que le choléra, la fièvre typhoïde, la gastro-entérite aiguë, sans oublier les dermatoses et d’autres affections liées au manque d’hygiène corporelle.

​Contacté à ce sujet, l’administrateur du territoire de Banalia, Gilbert Akpamba Sibangwana, dresse un constat tout aussi alarmant. Il confirme que la population consomme quotidiennement l’eau de sources non aménagées et utilise l´eau de rivières lourdement polluées par l’exploitation minière pour le ménage. Le numéro un de Banalia ajoute qu’aucune structure publique, à l’instar de la Régideso, n’est présente pour assurer le traitement et la distribution d’eau potable. En termes de perspectives, il avoue qu’aucun projet n’est actuellement mis en œuvre sur le terrain.

​Face à cette crise prolongée qui menace leur survie, les habitants de cette contrée riveraine et accueillante ne savent plus à quel saint se vouer. En écho aux craintes des experts et des autorités locales, la société civile réitère son cri d’alarme pressant auprès des gouvernements provincial et national, ainsi que des partenaires humanitaires et des personnes de bonne volonté, pour une intervention d’urgence avant qu’il ne soit trop tard.

André NAPAME

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