UNIKIS : Jaribu Muliwavyo, la thèse en « grande distinction » sur les enjeux des violences ADF depuis 20 ans

Il lui a valu 20 ans, jour pour jour, pour présenter les données issues des impressionnantes recherches exclusivement axées sur la problématique des rebelles étrangers ADF, actifs dans la région de Beni, depuis plusieurs décennies. Ce vendredi 24 décembre 2021, mental d’acier, inoxydable et galvanisé, Jaribu Muliwavyo a soutenu publiquement sa thèse à l’Université de Kisangani, dans une salle pleine à craquer de l’amphithéâtre de l’UNIKIS.

Devant un jury costaud notamment présidé par le doyen de la faculté des sciences sociales et administratives, Jean Otemikongo, celui du droit, Mwayila Tshiyembe et d’éminents professeurs congolais, le désormais ancien Chef des Travaux, député honoraire du Nord-Kivu, a vu sa thèse être validée avec mention GRANDE DISTINCTION. Un couronnement de plus au grade de Docteur en thèse en Sciences sociales, politiques et administratives.

Natif du territoire de Beni, région en insécurité dont les présumés auteurs sont les ADF, Jaribu Muliwavyo a, après son TFC, mémoire et DES portant une même thématique, brillamment soutenu sa thèse sur : « La gouvernance sécuritaire antagonique et violence des Forces Démocratiques et Alliés dan la région de Ruwenzori. Enjeux et stratégies des acteurs ».

Il était question, pour ce nouveau docteur en thèse, d’expliquer la sociologie politique des ADF et les rôles des acteurs de la gouvernance dans la lutte contre les tueurs dans la région de Ruwenzori. Selon son constat, « les acteurs, à tous les niveaux, de la gouvernance n’ont pas été ensemble, n’ont pas réfléchi d’une même manière », afin d’éradiquer les phénomènes ADF.
En outre, ils ont choisi d’être « antagonistes ».

Restant dans cette logique, ce député honoraire s’est appuyé sur les altercations entre la Monusco et le gouvernement sur la mutualisation des FARDC et l’armée ougandaise. Plus loin, il a aussi expliqué sa thèse par la position prise par les uns et les autres sur l’état de siège décrété en mai 2021. Pour lui, la mutualisation des forces armées FARDC-UPDF constituent de l’échec cuisant de l’État de Siège.

Gouvernance sécuritaire contingente comme solution

Alors que la question des ADF demeure sans réponse jusqu’à présent, Jean-Bosco Jaribu Muliwavyo propose la gouvernance sécuritaire contingente. Enrichissant l’idée, Docteur Muliwavyo attend cependant, « la prise en compte de tous les contours, tous les enjeux, sur la question des ADF ».

Selon lui, la guerre causée par les ADF est de multiples facettes d’où la solution ne viendra pas uniquement des forces de l’armée. Ce qui explique sa position, car dans ses analyses, dit-il, « il ne mise pas sur le règlement militaire ».

Souhaitant vivement que l’insécurité dans l’Est du pays soit complètement éradiquer à l’Est, Muliwavyo pense que « le règlement militaire soit renforcé par d’autres stratégies », surtout que, a-t-il souligné, « la guerre n’est pas seulement militaire. Elle est aussi stratégique, économique et politique ».

Et d’ajouter : « Les ethnies qu’on déplace du Rwanda, de l’Ouganda et on ment que ce sont des ethnies originaires du Nord-Kivu…tout ça ce sont des problèmes sur lesquels il faut réfléchir ».

Notons que Jaribu Muliwavyo est auteur d’un livre intitulé « la guerre des ADF dans le Rwenzori ». Dans celui-ci, il parle largement des problématiques des ADF dans la région de Rwenzori, une zone minée par ces rebelles depuis des années mais qui cohabitaient ensemble avec les communautés locales sous la bénédiction de l’armée de Mobutu .

Serge SINDANI et David MUKENDI

Steves

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