Alphonse Yalingo a obtenu, ce lundi, la mention grande distinction après la défense de son Diplôme d’études supérieures (D.E.S) à la Faculté des lettres et sciences humaines de l’Université de Kisangani (UNIKIS), option journalisme et politique extérieure. Son travail a porté sur « Le discours des médias occidentaux-francophones sur l’accord de paix du 4 décembre 2025 ».
Dans cette recherche, le chercheur s’est intéressé à la manière dont trois médias francophones, notamment RFI, Jeune Afrique et Le Monde, ont traité cet accord de paix, considéré comme un événement majeur à caractère diplomatique. L’étude a notamment cherché à identifier les différents cadrages mobilisés par ces médias dans leur couverture de cet événement.
Au terme de son analyse, Alphonse Yalingo relève une hybridité dans le traitement médiatique de l’accord. Il identifie notamment un cadrage symbolique, à travers la valorisation de l’événement, mais également un cadrage sécuritaire mettant en avant la poursuite des affrontements sur le terrain. Il souligne aussi une dimension liée aux asymétries géopolitiques, avec une place jugée plus importante accordée aux acteurs occidentaux et à leurs lectures de la situation.
« Il y avait nécessairement hybridité dans la manière dont ces médias ont traité un accord qui porte sur la paix. On retrouve un cadrage sécuritaire, un cadrage sur la symétrie géopolitique où les Occidentaux, notamment les États-Unis et le Qatar, sont beaucoup plus magnifiés et où les voix locales sont marginalisées », a expliqué le chercheur.

Selon lui, les acteurs locaux et certains chefs d’État présents lors de la signature de l’accord ont davantage été présentés dans une dimension protocolaire, tandis que les voix occidentales occupaient une place plus importante dans le traitement médiatique étudié.
Pour Alphonse Yalingo, cette observation traduit une forme d’ambivalence dans le traitement des accords de paix concernant les États du Sud. D’un côté, l’événement est valorisé sur le plan symbolique, tandis que, de l’autre, les réalités sécuritaires sur le terrain alimentent des réserves quant à l’effectivité de la paix annoncée.
Le chercheur recommande notamment aux journalistes locaux de développer un regard critique face aux productions des médias internationaux et de ne pas sous-estimer leur propre capacité à traiter les questions liées à la sécurité et aux conflits dans leur pays.
« Nous devons, dans la mesure du possible, lorsqu’il s’agit de traiter une information et lorsqu’on est en face des médias occidentaux, avoir un œil critique sur leur manière de traiter les informations. Nous ne devons pas, nous journalistes locaux, sous-estimer notre qualité », a-t-il soutenu.
Comme contribution à son travail, Alphonse Yalingo propose un modèle de médiatisation hybride de la paix, présenté sous la forme d’un carré discursif reposant sur quatre dimensions : symbolique, sécuritaire, asymétrique et critique. La première renvoie à la valorisation de l’accord, la deuxième aux réalités sécuritaires sur le terrain, la troisième aux rapports de force géopolitiques et la quatrième au regard critique porté par les journalistes sur l’événement.

