Devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, à Genève (Suisse), un silence poignant a accueilli la voix de Mamie Utshudi, une survivante de la tristement célèbre guerre de six jours de Kisangani, en juin 2000. Son témoignage, porté par l’organisation Interfaith International, n’était pas un simple récit de souffrance, mais un appel solennel à la justice, un écho puissant des millions de vies brisées dans l’Est de la République Démocratique du Congo.
À Genève, Mamie Utshudi a débuté son discours en saluant les initiatives du gouvernement congolais, comme le Fonds national de réparation des victimes (FONAREV) et la Commission interinstitutionnelle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (CIAVAR). Ces mécanismes, a-t-elle souligné, ne sont pas de simples promesses, mais une reconnaissance tangible de la douleur des survivants, leur offrant une lueur d’espoir pour reconstruire leurs vies.
Pour elle, ces instruments de la justice transitionnelle donnent aux victimes un statut d’acteurs de leur propre reconstruction, sortant de l’ombre pour redevenir visibles. Cependant, au-delà de cet espoir, son discours a mis en lumière une réalité effroyable — celle de l’Est de la RDC, où les conflits continuent de faire rage.
Elle a rappelé la récente tragédie de l’invasion du Rwanda sur le territoire congolais depuis novembre 2021, un conflit qui a coûté la vie à des milliers de civils et déplacé des millions d’autres.
Mamie Otshudi a employé une expression percutante pour décrire cette injustice : la mort historique. Elle a expliqué que les victimes des crimes contre l’humanité ne sont pas seulement tuées physiquement, mais qu’elles sont également réduites à de simples statistiques, leurs souffrances et leurs histoires étant effacées de la mémoire collective. Cet effacement de l’identité des victimes est une forme de violence aussi grave que les atrocités qu’elles ont subies.
Dans un plaidoyer sans équivoque, Mamie Utshudi a exhorté les États membres, les Nations Unies et la communauté internationale à agir concrètement. Elle a exigé que les auteurs de ces crimes répondent de leurs actes devant des tribunaux compétents. L’impunité, a-t-elle insisté, ne peut plus être tolérée.
Mamie Utshudi, au nom d’Interfaith International, a plaidé en faveur de la création d’un Tribunal spécial pour la RDC ou d’une Cour pénale spéciale. Selon elle, une telle institution serait essentielle pour rompre le cycle de violence et d’impunité, offrant aux victimes la justice qu’elles attendent désespérément. Son discours résonne comme un rappel solennel que tant que la justice ne sera pas rendue, la paix restera une illusion pour les peuples de la RDC.


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mbote