La Faculté de Droit de l’Université de Kisangani vient d’enregistrer une contribution scientifique majeure dans le domaine du droit constitutionnel africain. Le Docteur Me a défendu avec succès, et avec mention Grande Distinction, une thèse novatrice intitulée : « Séparation des pouvoirs et exercice de la compétence de gardien de la Constitution par le Président de la République et le juge constitutionnel en temps de crise électorale : cas du Sénégal et de la RDC ».

La soutenance s’est déroulée devant un jury composé des éminents professeurs suivants :

Professeur Ordinaire
Mwayila Tshiyembe, Professeur Ordinaire Faustin TOENGAHO, Professeur Ordinaire ILUME MOKE, Professeur Ordinaire Antoine NGUTE et Professeur MANGA ELONGO .

Cette recherche remet en cause une idée largement répandue dans la doctrine constitutionnelle contemporaine : celle selon laquelle le juge constitutionnel serait l’unique gardien de la Constitution.

Le Président de la République, premier gardien de la Constitution ?

S’appuyant notamment sur l’article le point 3 alinéa 4 de l’exposé des motifs de la Constitution en vigueur en RDC, l’article 69 alinéa 2 de la même Constitution ainsi que sur l’article 42 de la Constitution du Sénégal en vigueur, la thèse du précité soutient que la mission de protection de la Constitution appartient également — et même prioritairement — au Président de la République.

Selon le Docteur Me David ANGALAWE OTEMIKONGO, le texte constitutionnel congolais fait du Chef de l’État le symbole de l’unité nationale et le garant du respect de la Constitution, tandis que le juge constitutionnel intervient comme organe juridictionnel de contrôle et d’arbitrage.

Cette lecture ouvre la voie à une compréhension plus dynamique et complémentaire de la protection constitutionnelle, particulièrement en période de crise électorale.

La théorie de la « protection gémellaire de la Constitution »

L’apport central de cette thèse réside dans la formulation d’une nouvelle théorie baptisée : « théorie de la protection gémellaire de la Constitution ». Cette théorie considère que le Président de la République et le juge constitutionnel ne doivent pas être perçus comme des adversaires institutionnels, mais comme deux gardiens complémentaires appelés à collaborer pour assurer la stabilité constitutionnelle de l’État.

Dans cette approche, la séparation des pouvoirs ne signifie pas l’isolement des institutions, mais plutôt leur coopération fonctionnelle lorsque la survie de l’ordre constitutionnel est menacée, notamment lors des crises électorales.

L’auteur estime que les réalités politiques africaines, et particulièrement celles de la RDC à l’horizon 2028, imposent une réflexion renouvelée sur les mécanismes de sauvegarde constitutionnelle.

Une réflexion anticipative sur les crises électorales

Au-delà de la théorie, la recherche propose également des mécanismes juridiques de résolution des conflits de compétence susceptibles d’opposer le Président de la République au juge constitutionnel.

L’objectif est d’éviter que des divergences institutionnelles ne débouchent sur des blocages politiques ou des crises de légitimité pouvant fragiliser l’État de droit.

Cette dimension prospective confère à la thèse une portée pratique importante dans un contexte africain marqué par la récurrence des tensions électorales et des débats sur les limites du pouvoir constitutionnel.

Une contribution doctrinale africaine

Par cette recherche comparative entre la RDC et le Sénégal, deux États disposant de traditions constitutionnelles différentes mais confrontés à des enjeux similaires, le Docteur Me David ANGALAWE OTEMIKONGO entend contribuer à l’émergence d’une doctrine constitutionnelle africaine adaptée aux réalités politiques du continent.

Plusieurs observateurs académiques considèrent déjà cette thèse comme une contribution originale aux débats contemporains sur la séparation des pouvoirs, la justice constitutionnelle et la stabilité institutionnelle en Afrique francophone.

Avec cette soutenance couronnée de la mention Grande Distinction, le Docteur Me David ANGALAWE OTEMIKONGO rejoint la nouvelle génération des constitutionnalistes africains qui plaident pour une lecture contextualisée du droit constitutionnel, capable de concilier légalité, stabilité politique et protection de l’ordre démocratique.

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