Tueries à Beni, imputées aux Yira: « On ne peut pas organiser une guerre pour se tuer soi-même, c’est un débat non debout, » (John Walaka)

Depuis bon bout de temps, le débat sur l’origine des massacres de civils dans la région de Beni a refait face, tant dans la rue et dans les salons politiques du pays. S’interrogeant sur la persistance, mieux, la résurgence des atrocités ADF, qui endeuillent nuit et jour là population dans la région de Beni, nombreux animateurs politiques et autres estiment sans gêne que les Nande se tuent eux-mêmes. Dans la foulée, certains pensent même que ces tueries sont, de manière faramineuse, financées par les députés de la contrée. Un débat qui ne peut malheureusement tenir Debout, selon John Walaka.

Dans une interview accordée à la Presse Boyomaise, au sortir du culte de réconfort et de consolation aux victimes des massacres de l’Est, le président international de l’association culturelle Kyaghanda Yira n’a pas partagé ces points de vue. Il a recadré et réconscrit les contextes liés aux massacres de Beni, tout en foulant au pieds les idées négativistes tendant à allumer les tensions dans la région ensanglantée.

On ne peut pas organiser une guerre pour se tuer soi-même. Donc c’est un débat qui ne peut pas tenir Debout. Comment un Nande va s’organiser pour tuer un autre Nande. Moi, m’organiser pour aller tuer ma pauvre mère qui est à Beni. Non, ça ne peut pas se faire. » a-t-il répondu.

Dans ses mots, John Walaka, enseignant d’université, à appeler le pays à repenser ses stratégies dans la traque contre les rebelles afin de restaurer la paix et la concorde sociale.

« Aujourd’hui, le gouvernement devrait être interpellé. Un militaire qui n’est pas payé, comment va-t-il ramener le résultat sur terrain ? Les soldes des militaires détournés, pas d’armes capables, pourquoi ne pas revoir les choses. »

Et d’indiquer:

Pour le moment, nous avons besoin que la justice soit faite. Nous avons besoin de la restauration de la paix, un gage pour booster l’économie du pays. D’où, il faut réorienter la stratégie, pcq l’ancienne méthodologie n’a rien changé à Beni. Il faut aussi la protection des civils… » a insisté John Walaka.

À Beni, tout comme dans d’autres régions sous occupation rebelle, la situation sécuritaire demeure intenable. Malgré, toutes les alertes et démarches entreprises, le gouvernement ne parvient pas à mettre les dessus sur la situation. Ce samedi, comme dans d’autres villes, les ressortissants de l’Est, vivant à Kisangani, ont prié pour le rétablissement paix dans cette partie du pays.

Des milliers de civils ont déjà perdu la vie dans ces hécatombes. Plusieurs autres disparus et non jusque-là pas retrouvés. Des rapports sur la situation de Beni, caractérisée par les cruautés des ADF, sont accablants, au contenu lugubre.

Serge SINDANI

Steves

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