Soulagement thérapeutique en vue pour les habitants de la commune de Makiso, au cœur de la ville de Kisangani. Ce mardi 9 juin a marqué le coup d’envoi officiel de la tarification forfaitaire dans les 22 centres de santé que compte cette zone de santé de la province de la Tshopo, au nord est de la RDC. Portée par l’Agence belge de coopération (Enabel) en étroite collaboration avec la Division Provinciale de la Santé (DPS), cette réforme majeure s’inscrit directement dans la vision de la Couverture Santé Universelle (CSU) prônée par le Chef de l’État.

Derrière les termes techniques se cache une réalité humaine concrète : rendre la santé financièrement accessible à tous, sans distinction de classe sociale. Le principe est simple mais révolutionnaire pour le quotidien des ménages : un prix unique, fixe et affiché, qui englobe à la fois la consultation et l’ensemble des médicaments nécessaires au traitement.

« Zéro ordonnance », le nouveau mot d’ordre

Pour le Docteur Aloys ZONGO, chef de projets santé chez Enabel/Tshopo, cette mesure doit briser la barrière financière qui pousse trop souvent les malades à renoncer aux soins.

C’est un mécanisme qui vise l’accessibilité financière des populations à des services de santé de qualité. Concrètement, nous avons estimé les coûts de chaque prestation pour arrêter un forfait. Le mot d’ordre désormais dans les centres de santé, c’est « zéro ordonnance ». Le patient paye son forfait selon sa catégorie, et la structure a l’obligation contractuelle de le prendre en charge totalement », a-t-il expliqué à Kis24.

Trois catégories prioritaires, appelées « postes tarifaires », sont directement concernées par cette mesure protectrice :

  • Les enfants de de 0 à moins de 5 ans : 25 000 Fc ;
  • Les adultes et personnes de 5 ans au-delà : 3 600 Fc ;
  • Les femmes enceintes (de la première consultation jusqu’à l’accouchement).

Loin d’être une décision parachutée d’en haut, les nouveaux tarifs sont le fruit d’un long processus participatif. Les réalités économiques locales, le pouvoir d’achat des ménages boyomais et les besoins réels des structures ont été mis sur la table. Négociés avec la communauté et les prestataires de soins, ces prix ont été officiellement validés par le conseil d’administration de la zone de santé.

Quid des cas graves nécessitant une chirurgie ? Le Docteur Zongo clarifie la procédure :

Les interventions chirurgicales se font au niveau des hôpitaux. Dans la tarification forfaitaire mise en place, un montant est spécifiquement réservé pour participer au financement de l’évacuation rapide du patient du centre de santé vers l’Hôpital Général de Référence ».

À la question de savoir quand prendra fin ce projet, la réponse d’Enabel est sans équivoque : l’heure est à la pérennisation. L’agence belge ne s’inscrit pas dans une logique de passage éphémère, mais bien dans un accompagnement durable de l’État congolais pour garantir le droit à la santé de chaque citoyen, quel que soit son statut économique.

Sur le terrain, les affiches tarifaires commencent déjà à être déployées dans les 22 formations sanitaires de Makiso. Une nouvelle ère commence pour la santé de proximité à Kisangani.

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