Ce samedi 27 décembre 2025, une séance de travail s’est tenue dans la salle de l’OMS, à Kisangani, chef-lieu de la Tshopo, réunissant une expertise pluridisciplinaire pour répondre aux défis sanitaires de la province. L’objectif était d’élaborer et de valider un guide intégré de messages de sensibilisation adaptés aux réalités locales pour lutter efficacement contre le Choléra et la variole du singe (Mpox).

Face à la persistance des épidémies, la science et l’action communautaire se donnent la main. Cette rencontre, qui a réuni 17 participants, fait suite aux recommandations d’une étude qualitative menée par le Département d’anthropologie de l’Université de Kisangani (UNIKIS), avec l’appui de l’OMS. Les résultats de cette recherche, restitués en octobre dernier, pointaient du doigt un maillon faible notamment l’inadéquation des messages de santé avec les perceptions culturelles de la population.

Pour corriger les tirs sur terrain, les organisateurs dont la DPS et l’OMS ont misé sur une approche transversale. Autour de la table se sont côtoyés :

  • Le monde scientifique et médical : Médecins, vétérinaires et experts de la santé animale.
  • Les relais communautaires : Scouts, leaders religieux (Chrétiens et Musulmans), tradi-praticiens et groupes de pression.
  • Les forces sociales : Société civile, vendeurs de gibiers, et acteurs de la santé pour femmes.
  • Les experts en communication : Médias, Taskforce provinciale de la communication et le Programme national de communication pour la promotion de la santé (DPS/Tshopo).

« Communiquer pour être compris »

D’entrée de jeu, l’un des facilitateurs a souligné l’urgence de cette démarche lors de son intervention. « On a constaté que les acteurs communautaires ne communiquent pas toujours de manière optimale. Parfois, on lance des campagnes, comme pour la poliomyélite, sans préparer le terrain avec des messages que la communauté peut réellement accepter. Nous sommes ici pour élaborer des messages qu’il faut, à la place qu’il faut. », a-t-il dit à KIS24.

L’enjeu est de briser les « représentations sociales » qui freinent la riposte. Plutôt que des messages techniques imposés d’en haut, l’atelier s’est concentré sur des outils de communication validés par ceux qui vivent au quotidien avec la menace de ces maladies.

Des travaux pratiques pour un guide intégré

Avant de passer à la phase de rédaction, les participants ont bénéficié d’un rappel sur les Pratiques Familiales Essentielles et un briefing sur les techniques de communication de crise.
La journée s’est ensuite articulée autour de trois carrefours thématiques :

  • Groupe Mpox : Définition des messages clés, identification des cibles et choix des canaux adaptés.
  • Groupe Choléra : Stratégies de sensibilisation et supports de diffusion.
  • Groupe Administration : Planification et coordination de la mise en œuvre sur le terrain.

En une seule journée de travail intensif, la Tshopo se dote d’une boussole communicationnelle. Ce guide validé devrait permettre d’harmoniser les discours et d’instaurer un véritable dialogue de confiance entre les services de santé et les communautés pour réduire drastiquement la mortalité liée à ces épidémies.

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