Une étude qualitative rapide visant à comprendre l’impact local et les réactions de la communauté face à la Mpox dans la province de la Tshopo, a été officiellement restituée ce jeudi 30 octobre 2025.

Menée en sept jours (du 17 au 24 septembre) par le Département de l’anthropologie de l’Université de Kisangani (UNIKIS), avec l’appui technique et financier de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l’accompagnement de la Division provinciale de la Santé (DPS/Tshopo), cette recherche met en lumière des « représentations sociales » qui compromettent l’efficacité de la riposte sanitaire.

La session de restitution s’est tenue devant les partenaires du secteur de la santé, le représentant du recteur de l’UNIKIS, le doyen de la FSSAP et les autorités politico-administratives.Le Professeur Justin KYALE, de l’équipe de recherche, a présenté les résultats d’un travail basé sur la documentation, les focus groups, les entretiens semi-directs et les observations directes, couvrant un échantillon raisonné de 292 sujets (209 hommes et 83 femmes). Les investigations ont été menées dans six zones de santé : les zones urbaines de Makiso, Kabondo et Mangobo, et les zones rurales de Yakusu, Basoko et Bengamisa.

Confusions et étiologie populaire

Selon le Professeur KYALE, le point de départ de l’étude est le constat que les activités de riposte contre la Mpox sont limitées par les représentations sociales des communautés. « Notre étude a voulu comprendre l’influence de ces représentations sociales sur les activités de la riposte », a-t-il indiqué.

Les résultats principaux, structurés autour de sept thèmes (dont la perception et les risques, la recherche des soins et les impacts sociaux et économiques), ont révélé une méconnaissance généralisée :

  1. Confusion des symptômes : « La Mpox n’est pas clairement connue sur le plan des symptômes et sur le plan de mode de transmission », a mentionné le Professeur KYALE, soulignant que les communautés entretiennent une confusion entre les signes de la Mpox et ceux de la varicelle.
  2. Croyances religieuses et complotistes : La maladie fait l’objet d’une « étiologie populaire. » Certains pensent que « c’est une malédiction divine » tandis que d’autres estiment que c’est une « duperie des blancs. »
  3. Obstacles aux soins : Des problèmes structurels, notamment l’intervention d’églises, limitent le recours aux soins formels.

À l’en croire, l’investigation a ciblé des populations clés, notamment les professionnels de santé, les professionnels de sexe, les relais communautaires (RECO), les leaders communautaires et religieux, les transporteurs moto-taxi, ainsi que les guérisseurs, les personnes guéries de la Mpox et les gardes-malades.

Appel à l’action stratégique

Le Professeur Kimoni KITSA, investigateur principal et chercheur, s’est dit satisfait que les résultats corroborent les objectifs de la recherche en expliquant « les questions relatives au comportement et aux représentations sociales de cette maladie ». Il a précisé que l’équipe a ainsi « fourni au législateur socio-médical et au législateur politico-administratif toutes les informations nécessaires pour leur permettre de statuer sur la question ».

L’équipe de recherche a affirmé la disponibilité d’un document de plus de 40 pages qui synthétise les données et présente en détail les sept recommandations majeures relevées. Présent aux assises, le Dr Christian MAPELE, Directeur de Cabinet de la Ministre Provinciale de la Santé, qui a officiellement présidé la cérémonie, a salué la « plus-value » de cette étude pour le secteur de la santé. Il a conclu en lançant un appel solennel à « traduire les conclusions et les recommandations en stratégies de mise en œuvre et en action » pour une riposte plus efficace dans la Tshopo.

Journaliste Multimédia & Reporter

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