Tshopo/Tensions distendues à Isangi: De l’anarchie, la mégestion et la barbarie, «s’en est de trop, que les médiocres dégagent» (Dossier)

Plus rien n’est au beau fixe à Isangi, depuis la fin de l’année écoulée 2021. Pourtant réputé comme Oasis de paix, ce territoire, bâti en aval du fleuve Congo, à plus de 200 km à l’ouest de Kisangani, fait face à une dégradation surestimée du climat de paix. Cette situation est caractérisée par des conflits du pouvoir, de la mégestion à la tête du territoire, de la barbarie, et plusieurs d’autres maux.

Depuis lors, le souverain primaire, fatigué d’une anarchie sans nom, veut reprendre son pouvoir. Le mois de Janvier 2022 est agité par une escalade de tensions à Isangi. Plusieurs entités et secteurs notamment Yalikandja-Yanonge et Yawembe-Basoa-Baonga sont sous le feu. L’on signale, cependant, une tentative suicidaire de diviser la chefferie Kombe, les groupements llambi et d’autres.

Dans ce dossier de rédaction, KIS24.INFO tente une mise au parfum du public au tour de cette situation délétère écumant le territoire d’Isangi, sous la gestion scandaleuse de l’administrateur Joseph Mimbenga.

Genèse des tensions

Les récentes informations à notre possession remontent vers la fin de 2021. Dans le secteur Yawembe, l’administrateur d’Isangi, Joseph Mimbenga, a joué au biceps en prenant un agent litigieux de la mairie de Kisangani (ancien inspecteur du service de l’économie à la
mairie de Kisangani) pour lui faire un intérimaire en remplacement du chef intérimaire de la place, Monsieur Limbili Lolesa, suspendu pour des raisons personnelles par l’AT.

« Nous constatons à notre niveau que votre souci délibéré d’avoir la main mise sur les ETD justifie les décisions de bouger à tout bout de champs les animateurs de ces dernières en violation flagrante de toutes les dispositions légales et règlementaires. (…) Vous vous limitez à évoquer un argument éthnico-tribal qu’il est originaire de Yawembe lui aussi. Cette décision est de nature à dresser les communautés les unes contre les autres et d’implanter la xénophobie comme mode de gestion à lsangi », regrette le consortium des plateformes de la société civile d’Isangi, dans une correspondance adressée à l’AT, le 19 Janvier 2022, dont la teneur a été transmise à Kis24.info

De la mégestion à la barbarie

En réaction après la marche tendue des jeunes d’Isangi, jeudi 20 Janvier 2022, une manifestation
pacifique ayant connue des arrestations en cascade et des humiliations des jeunes dont une journaliste de la Radio Bondeko, émettant et plus suivi à Isangi, les plateformes de la société civile se disent  »consternées » et  »sidérées » de l’usage disproportionné de la force et moyens publics par la Police Nationale Congolaise (PNC), Commissariat d’lsangi pour brimer, bastonner et torturer les paisibles citoyens: les
femmes et même enceinte, les malades, les enseignants, les élèves, les journalistes et
les militants pro-démocratie.

La société civile pointe d’un doigt accusateur l’administrateur et le commandant de la police d’Isangi d’avoir donner les mots d’ordre aux éléments de la police qui se sont livrés sans état d’âme à des actes d’extorsion brutale et d’arrestation, notamment à tirant des balles réelles.

Les forces vives locales dressent un bilan de ces répressions, faisant état de «plus de 10 blessés dont une femme enceinte, une journaliste et un malade qui ne parle même plus, 6 arrestations, 3 maisons systématiquement pillées, l’argent volé. 3 téléphones, matériels de reportage, chaussures, ceinture et sac à mains contenant 30 000FC soit 15$ de la journaliste ont été emportés par le fameux policier Cele (garde du corps de l’Administrateur) qui a, en lui seul, tiré plus de 30 coups de balle de la résidence
jusqu’au marché (quand il accompagnait la femme de l’administrateur au
marché) ».

En dehors de ces actes dont la tête de l’administrateur en serait responsable, plusieurs cas de détournement des recettes de certaines ETD sont enregistrés par la société civile qui, face à celà, menace de mobiliser les citoyens à une délinquance fiscale notamment à Yawembe.

«Que les médiocres dégagent»

Dans la foulée, la société civile d’Isangi pense que face à des tels actes d’anarchie qui en sont de trop déjà, que les médiocres dégagent. Passant à une vitesse supérieure, les structures citoyennes lancent, à cette occasion, une grande mobilisation pour des actions citoyennes afin d’obtenir le départ des médiocres dans le territoire d’Isangi.

«S’en est de trop. Certainement que nous ne digérons pas le silence des autorités provinciales. Voilà pourquoi à partir de ce jour, nous lançons la plus grande mobilisation sur l’ensemble du territoire d’Isangi pour obtenir le départ de l’Administrateur du territoire et son exécutant le commandant de Ia PNC Commissariat
d’lsangi »,
écrit le consortium des plateformes de la société civile d’Isangi.

Et d’indiquer :

«Nous invitons les députés provinciaux et nationaux élus d’Isangi ainsi que tous les fils et fille et amis de ce territoire de prendre chacun ses responsabilités pour déjouer ce qui se ressemble à un complot contre cette entité qui est un modèle de paix, d’hospitalité pour tout congolais ou étranger sans aucune discrimination de sexe, de religion ou de race. Et pour reprendre ces mots du feu Cardinal Laurent Monsengwo : «Que les médiocres dégagent ».

Tenez, malgré plusieurs tentatives, l’Administrateur d’Isangi Joseph Mimbenga ne souhaite pas répondre aux sollicitations de Kis24.info depuis le début des tensions. Il ne décroche ni au téléphone. Dossier à suivre, certainement !

Par Serge SINDANI

Steves

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