Un montant de 49.820 dollars américains issus de la taxe d’embarquement perçue à l’aéroport international de Bangboka, à Kisangani, dans la province de la Tshopo n’a pas été retracé dans les comptes provinciaux, révèle un rapport de contrôle de l’Assemblée provinciale.
« Pour le premier trimestre 2025, la Régie des Voies Aériennes (RVA) certifie la vente de 11.665 billets, représentant 58.325 USD. Pourtant, la Direction Générale des Recettes de la Province de la Tshopo (DGRPT) n’a retracé que 1.701 billets, soit 8.505 USD. Une différence de 9.964 billets, équivalant à 49.820 USD, n’apparaît ni dans les comptes provinciaux ni dans les états de recouvrement », précise le rapport.
Selon la source, ces écarts traduisent un coulage massif et structuré des recettes publiques, résultant d’un dysfonctionnement grave dans la chaîne de perception des recettes, notamment au niveau de la constatation, de l’ordonnancement et du recouvrement de la taxe d’embarquement.
Au-delà de ce cas précis, le rapport fait état de graves irrégularités dans la gestion globale des finances publiques provinciales. Il révèle notamment que la Province de la Tshopo a enregistré, pour l’exercice 2024, un écart de plus de 14 milliards de francs congolais entre les dépenses engagées et les montants effectivement retirés dans les banques, sans justification comptable claire.
La commission parlementaire dénonce également le non-versement au Trésor de 223.194.847 FC d’impôt professionnel sur les rémunérations (IPR) pourtant retenu sur les salaires et les jetons de présence des agents et responsables provinciaux. Une situation qualifiée de détournement de fonds publics, l’argent ayant été prélevé sur les assujettis sans être reversé à la Direction générale des impôts (DGI).
S’agissant des marchés publics, le rapport indique que 19 contrats, représentant plus de 166 milliards de francs congolais et 14 millions de dollars américains, ont été conclus entre 2024 et le premier trimestre 2025, sans aucun appel d’offres, en violation de la loi sur les marchés publics. Plusieurs entreprises bénéficiaires n’auraient pas présenté les documents légaux requis, rendant difficile la vérification de l’exécution réelle des travaux.
Le document met également en cause la gouvernance de la DGRPT, marquée, selon les députés, par la politisation, le clientélisme, une pléthore du personnel, la suppression arbitraire des primes de fonction et la désorientation des recettes vers des comptes non transitoires.
Face à ces constats, l’Assemblée provinciale de la Tshopo recommande notamment l’ouverture d’enquêtes administratives et judiciaires, le renforcement des mécanismes de traçabilité et de contrôle des recettes, ainsi que des sanctions contre les responsables impliqués.

