Des Biologistes, Bioingénieurs, Anthropologues, Sociologues & juristes environnementalistes participent à un atelier de formation sur les savoirs endogènes relatifs aux épices sauvages, organisés par l’ONG Congo Basin Conservation Society (CBCS-Network). Ces épices jouent un rôle crucial dans la souveraineté alimentaire et sont produites par des peuples autochtones et des communautés locales du bassin du Congo.

La formation s’effectue dans la ville de Kisangani à l’immeuble GTZ et les enquêtes seront menées sur terrain, précisément dans le territoire de Yahuma, province de la Tshopo, après une première étape tenue à Kindu (Maniema) au mois d’août. Les provinces du Mai-Ndombe, de l’Équateur et de la Tshuapa seront concernées dans les prochains jours.

Selon le Professeur Jean de Dieu Mangambu Mokoso, de l’Université de Kinshasa du Laboratoire de Systématique, Biodiversité, Savoirs Endogènes et Management des Écosystèmes (LSEBSM) et consultant du projet, « Ce savoir-faire des épices sauvages, connu et utilisé dans les approches agroécologiques par les peuples autochtones et les communautés locales, contribue à la souveraineté alimentaire.Ces bénéfices sont confirmés par de nombreuses méta-analyses sur les liens entre agroécologie et climat. L’agroécologie améliore les systèmes agricoles et alimentaires en s’inspirant des processus écologiques naturels. Elle génère des systèmes durables et résilients en intégrant des pratiques comme la diversification des cultures, l’utilisation de la matière organique et la réduction de l’impact environnemental.

Il a ajouté que ces savoirs, transmis de génération en génération, sont malheureusement non documentés. Il faut promouvoir les techniques traditionnelles de conservation des ressources naturelles, en encourageant les jeunes à prendre conscience des dangers liés à la perte de la biodiversité. Pour lui, c’est une occasion de les valoriser afin qu’ils ne se limitent pas aux épices importées, qui sont à la base de plusieurs maux.

On attend de cette formation des formateurs les résultats ci-après :

Inventorier, identifier les épices indigènes et sauvages de territoire de Yahuma et consolider les savoirs locaux associés à la littérature ; documenter les éléments socio-économico-culturels des communautés locales et des peuples autochtones ; valoriser et intégrer résidus des épices s dans les pratiques durables agroécologie ; mener des analyses des risques toxicologiques et antinutritionnels avant la vulgarisations des ceux qui seront retenues pour la consommation.

Le professeur Jean de Dieu Mangambu, secondé par CT Didi Afundi Ndetshala, juriste, a également insisté sur la nécessité de pérenniser les informations collectées et d’utiliser des méthodes participatives d’enquête sur le terrain. Pour Sébastien Sadiki Yuma, point focal de l’ONG CBCS, cette formation marque une étape importante.

« Privilégions les produits bio pour améliorer notre santé et évitons certains aliments importés. Le naturel, c’est une façon de prendre soin de soi et de vivre plus longtemps »

Durant les cinq jours que dureront ces assises, les enquêteurs descendront sur le terrain pour échanger avec les peuples autochtones et rencontrer les femmes vendeuses d’épices sauvages au marché central de Kisangani et ses environs.

Journaliste Reporter

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