Les personnes sourdes de Kisangani plaident pour leur inclusion dans les activités de communication liées à l’épidémie d’Ebola. Elles demandent notamment que les messages de prévention soient régulièrement traduits en langue des signes afin de faciliter leur compréhension. Leur revendication a été formulée lors d’une séance de sensibilisation organisée dimanche 6 septembre par le Réseau national des interprètes et communicateurs gestuels, avec l’appui de la Croix-Rouge.

La rencontre a permis de sensibiliser les participants sur les mesures de prévention contre Ebola, les comportements à adopter en cas d’apparition de symptômes ainsi que les moyens de se protéger contre la maladie. Gilbert Kazingufu, superviseur provincial du Réseau national des interprètes et communicateurs gestuels de la Tshopo, estime que les personnes sourdes doivent bénéficier du même accès à l’information sanitaire que les autres membres de la communauté.

« Nous constatons que les personnes sourdes ne bénéficient pas toujours des informations nécessaires sur la maladie à virus Ebola. Pourtant, elles ont les mêmes droits que les autres membres de la communauté à être informées et à connaître les mesures de prévention », a-t-il déclaré.

Okitakondo Augustin, enseignant à l’École Centre Espoir des Sourds, partage cette préoccupation. Il regrette que les personnes vivant avec un handicap auditif aient longtemps été insuffisamment sensibilisées sur les risques liés à Ebola. Pour lui, l’utilisation régulière de la langue des signes permettrait de faciliter leur accès aux messages de la riposte et de renforcer leur participation à la prévention.

Les échanges ont également porté sur les rumeurs autour de l’épidémie, notamment dans certaines zones comme le territoire de Bafwasende. Le docteur Leblanc, chef de base de la réponse contre Ebola et volontaire de la Croix-Rouge, a insisté sur la nécessité de diffuser une information fiable et accessible.

« Face à une épidémie comme Ebola, l’information correcte est une arme importante pour protéger la communauté », a-t-il expliqué, estimant que les rumeurs peuvent alimenter la peur et la méfiance.

Alors que la sensibilisation communautaire constitue un volet important de la riposte contre Ebola en Tshopo, les personnes sourdes demandent ainsi que leurs besoins soient davantage pris en compte dans les stratégies de communication. Elles plaident pour une adaptation systématique des messages en langue des signes afin de ne pas rester en marge de l’information sanitaire et de pouvoir, elles aussi, contribuer à la lutte contre l’épidémie.

Denis BAKUMANI

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Campagne de sensibilisation contre Ebola