Un atelier de formation sur la bonne gouvernance et le leadership a démarré ce jeudi 18 septembre 20025 à Kisangani, marquant un moment significatif dans la lutte pour l’inclusion des femmes et filles handicapées en politique. Organisé par l’association « Action des femmes handicapées pour les droits de l’homme et le développement intégral » (AFHADHODI), avec le soutien financier des Affaires Mondiales Canada, cet événement vise à renforcer les capacités de 100 participantes handicapées de la province de la Tshopo.
Selon Patience Lisisa, coordonnatrice de l’AFHADHODI, les femmes et filles handicapées de la République démocratique du Congo, et plus particulièrement celles de la Tshopo, sont confrontées à de nombreux obstacles. Malgré l’existence de lois protégeant les personnes handicapées et la loi électorale, leur participation politique reste minime. Mme Lisisa a révélé que moins de 5 % des femmes handicapées ont été alignées sur les listes électorales lors des scrutins de 2023.
Cette marginalisation est le résultat de plusieurs facteurs, notamment le manque de confiance en soi, une culture politique qui discrimine les personnes invalides, et l’absence de leadership féminin fort. « aucune femme vivant avec un handicap n’a été élue dans la Tshopo », a souligné Patience Lisisa, une situation qui empêche la prise en compte de leurs préoccupations spécifiques.
Renforcer les capacités pour un engagement efficace

Pour briser ce cycle, l’AFHADHODI a mis en place un programme intensif de formation. L’objectif est de susciter un engagement politique et social efficace chez les participantes, en leur donnant les outils nécessaires pour s’impliquer dans les instances de décision.
L’atelier se concentre sur la bonne gouvernance et le leadership, des thèmes essentiels pour permettre à ces femmes de s’approprier leur destin.
Durant deux jours, soit du jeudi à ce vendredi 19 septembre, l’expert Jean Paul Nyindu forme les participantes sur la bonne gouvernance. Un second atelier, prévu la semaine suivante, abordera spécifiquement le leadership. Ces sessions visent à doter ces femmes de l’estime et de la confiance en soi nécessaires pour participer activement aux initiatives politiques, socio-culturelles et économiques dans leur province et au-delà.
Il sied de noter que c’est le ministre provincial de l’Éducation, Simon Masimango, qui a lancé cette serie d’atelier, au nom de sa collègue du Genre, de la Famille et de l’Enfant. Il a exhorté les participantes à faire preuve de discipline et à s’approprier les enseignements des experts. Le ministre a souligné l’importance de leur rôle dans le développement du pays, les encourageant à renforcer leur leadership et à s’investir pleinement.
Cette initiative de l’AFHADHODI est une réponse directe à la nécessité de rendre la démocratie plus inclusive. En militant pour la promotion et la protection des droits des femmes handicapées, l’association pose les bases d’une participation plus équitable et significative dans la vie publique.

