La ville de Kisangani a accueilli, jeudi 17 septembre 2026,une importante journée de réflexion dédiée au rôle et à la participation des jeunes et des femmes dans la prévention des conflits, la cohésion sociale et la consolidation de la paix dans la province de la Tshopo. Placée sous la coordination provinciale du mouvement « Rien sans les femmes », cette assise a connu une modération assurée de main de maître par Monsieur Jean-Paul Nyindu, acteur de la société civile.
Cet atelier de reflexion entre jeunes et femmes a débuté par un mot d’ouverture prononcé par Madame Claudine Bela, point focal du mouvement « Rien sans les femmes » dans la Tshopo. Dans son allocution, elle a clairement défini les enjeux de cette journée.

« Cette journée de réflexion constitue une opportunité de renforcer la reconnaissance des jeunes et des femmes comme acteurs à part entière de la paix dans la Province de la Tshopo. Elle devra favoriser une approche qui ne considère plus les jeunes et les femmes uniquement comme des victimes ou des bénéficiaires des programmes de paix, mais comme des acteurs capables de prévenir les conflits, d’assurer la médiation, de promouvoir le dialogue, de participer aux décisions et de contribuer à la reconstruction du tissu social. », a-t-elle dit, peu avant d’expliquer le projet Tufaulu Pamoja 2.
La province de la Tshopo fait face à divers défis fragilisant sa cohésion sociale, notamment les conflits intercommunautaires, les différends fonciers, l’accès aux ressources naturelles, ainsi que la pauvreté et le chômage des jeunes. La problématique centrale de la journée a ainsi posé les bases d’un débat constructif : Comment renforcer le rôle et la participation effective des jeunes et des femmes dans la prévention des conflits, la cohésion sociale et la consolidation de la paix dans la Province de la Tshopo ?




Pour y répondre, les échanges ont été articulés autour de quatre axes majeurs :
- Jeunes et consolidation de la paix : Lutte contre la manipulation, autonomisation économique et promotion de la jeunesse comme force de proposition.
- Femmes, leadership et consolidation de la paix : Renforcement de la médiation communautaire, lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) et accès aux instances de décision.
- Prévention des conflits intercommunautaires : Mise en place de mécanismes d’alerte précoce, lutte contre les discours de haine et usage responsable des réseaux sociaux.
- Participation institutionnelle : Synergie avec les autorités, la société civile et le P-DDRCS pour pérenniser les initiatives locales.
Rassemblant trente participants — parmi lesquels des autorités politico-administratives et coutumières, des représentants des communautés Lengola et Mbole, des services fonciers, des leaders religieux, des organisations de jeunesse et de femmes ainsi que des professionnels des médias — la méthodologie a privilégié l’inclusivité et le pragmatisme. À travers des exposés d’orientation, des travaux de groupes et des mises en commun, les participants ont identifié les obstacles structurels et formulé des recommandations concrètes.

À l’issue de ces travaux, cette journée de réflexion a permis non seulement de valoriser les initiatives locales de paix portées par les femmes et les jeunes, mais aussi d’aboutir à l’élaboration d’une feuille de route claire visant à ancrer durablement leur leadership au cœur des processus de paix dans la Tshopo.
Notons qu’un plan d’action a été mise en place par les participants en vue de mettre en oeuvre les recommandations ressorties de cette assise. Ce plan porte les activités à réaliser afin de toucher toutes les couches des jeunes et femmes par une sensibilisation maximale autour des thématiques de paix, cohésion sociale et participation des jeunes.

