À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le VIH/SIDA, célébrée le 1er décembre de chaque année, l’ABEF-ND Tshopo et le Mouvement d’Action des Jeunes (MAJ) ont mené une vaste campagne de sensibilisation et de distribution de préservatifs sur la rive droite, une zone où l’accès à l’information reste limité.

Ce samedi 6 décembre 2025, sous la supervision du coordonnateur provincial, le Dr Didier Kamanga, les équipes de l’ABEF-ND ont sillonné la rive droite afin de conscientiser la population face à la recrudescence des comportements sexuels à risque. Pour le Dr Donat Ekombela Misha, président provincial de l’ABEF-ND/Tshopo, cette descente était indispensable.

« Chaque 1er décembre, le monde se souvient de la lutte contre le VIH. Mais ici, nous avons constaté que la population semble oublier que le VIH existe encore. C’est pourquoi nous avons décidé de venir jusqu’à la rive droite pour renforcer l’information », confie-t-il.

Il rappelle que les jeunes constituent le cœur de cette campagne :

« La santé sexuelle et reproductive touche principalement les adolescents et les jeunes. Le MAJ est notre bras fort sur le terrain. Avec eux, nous voulons contribuer efficacement à l’effort national de mettre fin à ce fléau. »

Jacques Esafe, président du Mouvement d’Action des Jeunes (MAJ), confirme l’importance de cette intervention ciblée :

« Nous avons trouvé une population qui manque cruellement d’informations. Beaucoup se fient à des rumeurs ou créent leurs propres méthodes. Nous sommes venus apporter des messages clairs, fiables et adaptés. »

Les volontaires MAJ ont sensibilisé sur les modes de transmission, les dangers des IST, et les moyens de protection. Ils ont également distribué des préservatifs, considérés comme un outil essentiel. « Le préservatif a plusieurs rôles, il protège contre les IST, contre le VIH, et prévient aussi les grossesses non désirées. », rappelle Jacques Esafe.

Malgré quelques réticences initiales, l’accueil s’est amélioré au fil de la journée :

Au début, certaines personnes semblaient hostiles. Mais grâce à des techniques de communication interpersonnelle, nous avons pu instaurer la confiance. À la fin, les gens étaient très réceptifs. »

Sephora, 28 ans, mère de deux enfants, confie avoir longtemps ignoré certaines notions sur le VIH :

« Je croyais que le VIH ne circulait plus autant, parce qu’on n’en parle presque pas ici. Aujourd’hui, j’ai compris que je devais me protéger et surtout me faire dépister. J’ai aussi appris à utiliser correctement le préservatif. Cette sensibilisation m’a vraiment éclairée. »

Selon Bernard, jeune étudiant, dit être sorti de l’activité avec une nouvelle vision :

« J’avais beaucoup d’idées reçues. J’entendais des gens dire que certaines tribus sont protégées, ou que le préservatif n’est pas utile. Aujourd’hui j’ai compris la vérité. On nous a expliqué clairement, sans jugement. Je vais partager ces informations avec mes amis. »

Le Dr Ekombela insiste sur un point crucial :

« On ne peut pas dire que l’on est en bonne santé tant que l’on ne connaît pas son statut sérologique. Le dépistage volontaire reste la clé. »

Il met également en garde contre le recours aux solutions non fiables :

« Nous constatons que beaucoup de jeunes se fient aux pharmaciens ou aux charlatans. Pourtant, le seul lieu sûr pour recevoir des soins et des conseils corrects, ce sont les structures sanitaires officielles. »

Sur la rive droite, cette campagne a rappelé une vérité simple mais essentielle, le VIH n’a pas disparu. Et à Tshopo, où la désinformation circule plus vite que les faits, chaque séance de sensibilisation peut devenir une vie protégée. L’ABEF-ND et le MAJ l’ont prouvé une fois de plus, la lutte se gagne d’abord en ouvrant les yeux, puis en changeant les comportements.

Abdoul ULAFIA

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