Kisangani, le 2 juin 2025 — l’Espace Américain de l’Institut Supérieur Pédagogique de Kisangani a accueilli une journée d’échange dédiée au leadership féminin et à la participation politique des femmes atteintes d’albinisme, dans le cadre du programme « She Leads », soutenu par la Fondation Internationale pour le Système Électoral (IFES).
Cette initiative, portée par Arnoldine Bombongo, elle-même femme vivant avec albinisme et membre active du programme She Leads, visait à rassembler, sensibiliser et mobiliser autour des défis de l’inclusion politique et sociale des personnes atteintes d’albinisme et de celles vivant avec un handicap.


Un plaidoyer fort pour l’inclusion et la participation. La séance a réuni plusieurs femmes et hommes vivant avec albinisme, ainsi que des leaders d’organisations de la société civile, pour réfléchir sur les barrières à surmonter et les actions à mener afin de renforcer la présence des femmes atteintes d’albinisme dans les instances décisionnelles.
L’activité, animée par Maître Anne-Marie Biselenge et Bienvenue Lomata, a été marquée par des échanges approfondis sur les défis et solutions pour une plus grande représentation des femmes atteintes d’albinisme dans la politique congolaise.
Dépasser les discriminations et s’affirmer

Anne-Marie Biselenge, avocate au Barreau de la Tshopo, a mis l’accent sur la nécessité de combattre les stéréotypes et de valoriser les compétences des femmes atteintes d’albinisme « Ce n’est pas parce que nous vivons avec un handicap quelconque que nous devons nous laisser aller. La clé est la compétence personnelle: se former, s’informer et entrer dans la compétition. »
Elle a exhorté les femmes, et plus spécifiquement celles vivant avec l’albinisme, à oser prendre leur place, à s’informer, se former et se vendre positivement pour participer activement à la vie politique du pays.
Dans le même élan, Arnoldine Bombongo, initiatrice de l’événement, a souligné la double discrimination dont souffrent les femmes atteintes d’albinisme : « Nous sommes victimes de discriminations liées à notre genre et à notre condition. Ces limites freinent notre accès aux instances de décision, et c’est pour cela que nous devons travailler à renforcer notre leadership et notre visibilité. »
Son message à la société tshopolaise est fort et sans équivoque : « Nous ne devons pas nous limiter aux préjugés qui pèsent sur nous. Cultivons la confiance en soi, affirmons nos ambitions et faisons entendre notre voix. C’est ainsi que nous gagnerons notre place dans la société. »
Une demande directe aux autorités
Arnoldine Bombongo a également interpellé les dirigeants politiques et les décideurs, les appelant à considérer les personnes atteintes d’albinisme comme des citoyens à part entière :
« Nous avons des compétences réelles, comme n’importe quel être humain. Certains d’entre nous sont même des surdoués. Beaucoup ont étudié, obtenu des diplômes et ont les capacités de contribuer activement à la prise de décision. Il est temps de nous voir autrement! »
Un pas vers un changement durable

Cette journée d’échange sur le leadership féminin et la participation politique des femmes atteintes d’albinisme marque une étape clé dans le combat pour l’inclusion et l’équité. Elle témoigne de la détermination de celles et ceux qui croient en une société où toutes les voix comptent, sans distinction de genre ou de condition physique.
« L’heure n’est plus aux discours, mais à l’action. La participation politique ne doit pas être un privilège, elle doit être une réalité pour toutes et tous » a conclu Arnoldine Bombongo.

