Au lendemain de l’incident survenu lors de la parade à la mairie de Kisangani, où le vice-gouverneur Didier Lomoyo a cité par erreur le nom de Joseph Kabila, la société civile monte au créneau. Gentil Sefu, vice-président de la Nouvelle Dynamique de la Société Civile (NDSCI/Tshopo), dénonce la rapidité avec laquelle le VPM Jacquemin Shabani a traité le dossier et plaide pour le retour du gouverneur intérimaire.

L’incident de ce lundi 1er décembre continue de secouer la scène politique provinciale. Devant la foule réunie à la parade, le vice-gouverneur de la Tshopo, Didier Lomoyo, a par inadvertance mentionné le nom de l’ancien président Joseph Kabila dans son allocution. Une erreur rapidement relayée sur les réseaux sociaux, suivie de la convocation express de l’autorité provinciale à Kinshasa.

Pour Gentil Sefu, il s’agit d’un simple dérapage verbal, qui ne devrait en aucun cas prendre des proportions nationales.

« L’erreur est humaine. Ça arrive à tout le monde devant les médias. Même le chef de l’État a déjà tenu des propos que personne n’a compris. Cela ne fait pas de lui une mauvaise personne », rappelle-t-il.

Le vice-président de la NDSCI regrette la vitesse avec laquelle le VPM de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, a pris des mesures à l’encontre de Didier Lomoyo.
« Nous condamnons cette célérité. Sur le plan administratif et de gestion, cela ne constitue pas une faute grave. C’est une erreur politique, oui, mais pas un manquement qui devrait justifier la mise à l’écart d’une autorité provinciale », insiste-t-il. Selon lui, les accusations liant Lomoyo à l’ancien régime relèvent davantage de calculs politiques que d’une analyse objective.


« Il n’est pas le seul politicien à avoir évolué ailleurs avant de rejoindre l’Union sacrée. On en voit beaucoup. Cet incident ne peut pas être utilisé pour le clouer au pilori », souligne-t-il.

Des rumeurs faisaient état de journalistes brièvement retenus après l’incident. Gentil Sefu dit avoir mené des vérifications en tant que défenseur des droits humains.
« Aucune arrestation n’a eu lieu. L’autorité voulait surtout éviter la fuite des images pour qu’elles ne soient pas exploitées par des adversaires politiques. La démarche était maladroite, mais personne n’a été privé de liberté », précise-t-il

Pour la société civile, cette affaire tombe au pire moment pour la Tshopo, où plusieurs projets d’intérêt public stagnent.

« La province est déjà en souffrance. Rien n’avance. Si l’on ajoute maintenant des crises politiques inutiles, c’est la population qui paie le prix », avertit Gentil Sefu.

Il appelle le gouvernement central à clarifier rapidement la situation afin de permettre au vice-gouverneur intérimaire, Didier Lomoyo, de regagner Kisangani et de poursuivre son travail.

Entre maladresse politique et gestion précipitée, l’affaire du “lapsus Kabila” révèle les tensions persistantes entre Kinshasa et les autorités provinciales de la Tshopo. Pour la société civile, la priorité reste la stabilité et la continuité des actions publiques. Elle exhorte le VPM Shabani à privilégier l’apaisement et espère le retour imminent de Didier Lomoyo aux affaires, au nom de l’intérêt supérieur de la population.

Marthe Mwayuma

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