À l’aube de la rentrée parlementaire prévue ce mardi 29 septembre 2025, le mouvement citoyen LUCHA (Lutte pour le Changement) monte au créneau et interpelle le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo.
Dans une correspondance incisive, le mouvement exige l’ouverture immédiate d’un contrôle rigoureux sur une série de dossiers qu’il qualifie de « siphonage systématique des fonds publics » orchestré par le gouvernement provincial.
Cette requête fait suite à une lettre antérieure datée du 22 août 2025, dans laquelle la LUCHA dénonçait déjà la dissipation injustifiée de ressources publiques lors de l’organisation d’un double concert les 16 et 17 août, financé par l’exécutif provincial.
Pour le mouvement, cet événement n’est que la partie émergée d’un iceberg de malversations.
Dans sa nouvelle correspondance, la LUCHA exhorte les élus provinciaux à capitaliser cette session de rentrée parlementaire pour activer un mécanisme de contrôle parlementaire et tirer les conséquences politiques des faits suivants:
- Surfacturation des travaux routiers sur la RN4.
Le tronçon Kisangani (PK 267)–Avakubi, long de seulement 11 km, aurait coûté plus de 2 milliards de francs congolais, soit près de 700 000 dollars américains. Ce montant représente plus de 63 000 $ par kilomètre, soit trois fois le prix moyen du marché, estimé entre 23000 et 25000 $/km pour une route en terre battue. - Acquisition douteuse de véhicules
Deux minibus Toyota Hiace ont été achetés à 50000 $, soit 25000 $ l’unité, alors que leur prix réel sur le marché oscille entre 2600 $ et 7000 $ selon leur état et leur année de fabrication. De même, un Toyota Land Cruiser Prado TXL a été facturé à 65000 $, bien au-dessus de sa valeur marchande, estimée à moins de 42000 $. - Utilisation opaque du fonds national d’appui
À l’occasion du 60è anniversaire de la Bienheureuse Martyre Anuarite Nengapeta, le gouvernement national a octroyé 1.217.478,91 $ à la province. Sur ce montant, 500.000 $ auraient été alloués à la gouvernance sécuritaire. Pourtant, la situation sécuritaire sur le terrain se dégrade, et les services sont paralysés par des défis logistiques criants. Ecrit-elle
Pour la LUCHA, ces affaires dressent « un tableau sombre de dilapidation des fonds publics », dénonçant une gouvernance provinciale « prédatrice et oligarchique », tolérée par l’inaction des députés provinciaux, pourtant garants des intérêts du peuple.
Le mouvement citoyen appelle donc le bureau de l’Assemblée provinciale à sortir de son mutisme, à exercer pleinement son pouvoir de contrôle, et à enquêter sans complaisance sur ces dossiers.
Il exige que les responsabilités politiques soient clairement établies, et que des mesures concrètes soient prises pour restaurer la transparence et la redevabilité dans la gestion des ressources publiques.

