A l’occasion de la Journée internationale de la paix, célébrée le 21 septembre de sous le thème “Agissons maintenant pour un monde en paix”, le mouvement Rien Sans les Femmes, sous la coordination provinciale de Madame Claudine Bela, a organisé une matinée d’échange avec 35 femmes et 15 jeunes filles déplacées des conflits intercommunautaires des sites de kongakonga, dans la commune Kisangani, Sainte Marthe dans la commune Lubunga et saint Gabriel dans la commune Makiso. Une rencontre marquée par des témoignages émouvants et des messages forts pour le retour de la paix.

Réunies dans un esprit de solidarité et de résilience, les participantes ont partagé leurs expériences douloureuses liées aux conflits qui ont secoué la province depuis novembre 2022. Mari perdu, biens détruits, violences subies… les récits ont mis en lumière la précarité de la vie dans les sites de déplacés de Konga-Konga, Sainte-Marthe et Saint-Gabriel.
« Biso basi tolingi kimia na mboka na bido » (“Nous, les femmes, nous voulons la paix dans notre pays”), tel est le message unanime qui a jailli de ces échanges. Pour ces femmes, la paix est non seulement une aspiration mais aussi une condition essentielle pour regagner leurs milieux de vie naturels et reconstruire leur avenir.
Au cours de la rencontre, les déplacées ont décidé de mettre en place des clubs de paix dans leurs sites respectifs. Chaque site compte désormais trois animatrices chargées de favoriser le dialogue, promouvoir la cohabitation pacifique et réfléchir à des actions communes en faveur de la réconciliation. Avec l’appui du mouvement RSLF, ces clubs produiront une note de plaidoyer destinée aux autorités locales afin de faire entendre les revendications et besoins spécifiques des femmes et filles déplacées.


Selon Madame Claudine Bella, cet échange s’inscrit dans le cadre du projet Tufaulu Pamoja, soutenu par l’ambassade de Suède via CAFOD, et mis en œuvre par le mouvement Rien Sans les Femmes et l’Union des Jeunes Congolais pour le Changement, dans la province de la Tshopo.
Cette matinée d’échange aura permis de donner la parole aux premières victimes des conflits, mais aussi de reconnaître leur rôle central comme artisanes de la paix. Dans la Tshopo, ces femmes déplacées refusent de rester spectatrices de leur destin et choisissent de s’engager activement dans la restauration de la paix. Leur message fort résonne : sans les femmes, la paix est impossible.

