Souvent confrontée à diverses catastrophes, notamment la pluie récurrente causant des fortes inondations, la fin d’années ne semble toujours pas échappée à cette triste réalité dans la province de la Tshopo. 2025 est aussi extraordinaire. Des pluies assez modérées, pas d’innombrables maisons sous les eaux, mais des routes mènent toujours vers le calvaire. Exemple palpant, la RN4 suffoque à son triste sort.
Essentielle pour la survie des provinces sœurs de la Tshopo et de l’Ituri, voire celle du Nord-Kivu également, la route nationale Nº4 (RN4) ressemble encore et toujours au chemin de croix. Des bourbiers transformés à des nids de poules causent actuellement un véritable calvaire qui commence dès le point kilométrique 44, sur l’axe Kisangani – Bunia. Ce mercredi 17 décembre, un bourbier coince profondément la chaussée. Il faut des manœuvres de plus de deux heures ou plus pour se frayer le chemin.
Roulant jusqu’au Pk 100, la voie semble libre et paisible, malgré plusieurs endroits creux. Cependant, au point kilométrique 170, en secteur de Bekeni – Kondolole, dans le territoire de Bafwasende (Tshopo), une situation difficile vous accueille. Plus de 200 camions citernes et d’autres transportant des marchandises de première nécessité bloquent tout passage. Bêches et pioches en main, des chauffeurs, visiblement fatigués, tentent de sortir de la bourbe.


« C’est depuis hier (mardi 16 décembre) que je suis arrivé ici en provenance de Bunia. J’ai trouvé plusieurs de mes collègues bloqués. Mais face au manque de choix, on tente de sauver la situation. Si vous comptez, c’est plus de 200 camions qui sont bloqués ici, de part et d’autres. Les uns ont quitté Kisangani et les autres à Bunia. J’ai plusieurs passagers qui ne savent pas à quel saint se vouer », explique un chauffeur d’une agence de transport « Na Ngolu Coach ».
Non loin, un somalien, chauffeur d’un camion citerne rempli des carburants, a également un visage fatigué. Le camion d’un des ses collègues somaliens fait des manœuvres pour sortir du premier bourbier, mais en vain. Son vœu est de voir la concrétisation du projet de réhabilitation de la RN4 par Kinshasa. « nous allons encore dormir ici, c’est depuis cinq jours que nous sommes ici. Nous demandons à l’état congolais, aux autorités de Kinshasa, de veiller sur cette route. Nous payons toutes les taxes mais vous voyez l’état de la route », lâche-t-il.
Lancés depuis février 2024 au Pk23 de la ville de Kisangani, par le Ministre honoraire des ITPR, Alexis Gisaro, les travaux de réhabilitation de la route nationale n°4 peinent à avancer. Les premiers travaux, mis en œuvre par des chinois, s’attellent à moins de 50 km, sur une route de plus 700 km, portant prévus pour l’asphaltage.
Actuellement, parcourir cette route est un chemin de croix. Pour arriver à Bunia, il faut passer une à deux semaines. Des bourbiers et de gros trous sont parsemés sur la route. Pendant la période de pluie, la circulation devient de plus en plus difficile.

