Le lancement officiel de la campagne mondiale des 16 Jours d’activisme contre la violence basée sur le genre (VBG) s’est tenu à Kisangani ce mercredi 10 décembre, dans la salle la Fourchette, sous l’égide de la Division Provinciale du Genre, Famille et Enfant Tshopo, en partenariat avec l’Agence belge de coopération internationale, Enabel.
L’événement, marqué par le mot de circonstance de Mme Chantal Nandindo, Cheffe de projet provincial (Projet de Lutte contre les Violences Sexuelles et l’impunité — LVSI), a mis en lumière le thème de cette année : « TOUS UNIS pour mettre fin à la violence numérique contre les femmes et les filles ».
Faisant écho à l’appel d’ONU Femmes, la campagne se concentre sur la cyberviolence, une forme de préjudice qui transforme l’espace numérique en un nouveau terrain de violence pour des millions de femmes et de filles. Les intervenants ont souligné l’impératif de mobiliser tous les acteurs pour lutter contre l’impunité en adoptant des lois spécifiques pour pénaliser la violence numérique, garantir la sécurité des plateformes technologiques et créer des espaces numériques sûrs, inclusifs et respectueux des droits.
Les formes de violence numérique visées incluent le harcèlement en ligne, l’abus lié à l’image (y compris les deepfakes), la désinformation fondée sur le genre, et le doxing (publication d’informations personnelles). La violence en ligne est réaffirmée comme une violation des droits humains.
L’engagement d’Enabel en RDC : une approche transformative

Enabel, dont la RDC est le plus grand portefeuille de coopération au monde, positionne l’égalité de genre et l’inclusion comme une priorité stratégique et transversale de toutes ses interventions, conformément à l’ODD n°5. Mme Nandindo a rappelé l’engagement d’Enabel à travers son Programme de Lutte contre les Violences Sexuelles et l’impunité (PLVS/LVSI), mis en œuvre dans plusieurs provinces dont la Tshopo. Ce programme repose sur une approche en trois piliers :
- Prise en Charge Holistique : Accès précoce à l’assistance médicale, psychologique et socio-économique pour les survivantes.
- Lutte contre l’Impunité : Renforcement des capacités des acteurs judiciaires (police, tribunaux) pour la poursuite des auteurs et la réparation des victimes.
- Changement de Comportement : Transformation des normes sociales via des campagnes de sensibilisation et la promotion de la Masculinité Positive.
L’approche d’Enabel se veut transformative, visant non seulement à compenser les inégalités existantes, mais aussi à modifier les structures sociales qui les perpétuent, notamment en veillant à la participation significative des femmes aux prises de décision.
Débats et sensibilisation


Ce lancement a été marqué par des panels animés par Me Trésor Asimbo (Coordonnatrice de l’ONG ACAT) et Futur Mengandelo (expert en communication de la Division Provinciale du Genre), qui ont édifié l’auditoire sur l’accès à la justice pour les victimes et la communication institutionnelle. Ces interventions ont suscité de nombreuses questions de la part d’un public nombreux, témoignant de l’intérêt et de la nécessité de ces thématiques pour la population de Kisangani. La cérémonie officielle a également inclus des allocutions des représentants du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme et de la Commission Nationale des Droits de l’Homme.
Notons que Enabel utilise ces 16 Jours d’activisme pour réaffirmer que l’égalité de genre est une condition sine qua non du développement durable en RDC.

