La Province de la Tshopo a accueilli ce jeudi 22 mai l’atelier de vulgarisation de la Politique de l’Agriculture Durable (PAD), organisé par le ministère national de l’Agriculture et de la Sécurité Alimentaire, avec l’appui de l’Agence belge de cooperation internationale dans la Tshopo (Enabel Tshopo).
Cette atelier vise à renforcer les capacités des acteurs locaux pour une mise en œuvre efficace de la PAD sur le terrain organisé à l’intention à des acteurs du secteur agricole, notamment des autorités du niveau provincial et locales, des représentants d’organisations paysannes .
Ce document stratégique présente la vision du gouvernement congolais pour un développement agricole durable, ses approches opérationnelles, les objectifs à atteindre, les actions prioritaires à mener, ainsi que le cadre institutionnel de mise en œuvre et les mécanismes de financement.
La PAD, adoptée par le gouvernement congolais, constitue un cadre stratégique pour promouvoir une agriculture résiliente, inclusive et respectueuse de l’environnement. Elle s’inscrit dans les nouvelles réalités du contexte national, régional et international, en vue de répondre aux aspirations du Gouvernement et de la population congolaise.
Victor Mobula, Professeur et Directeur coordinateur du système d’analyse stratégique et de gestion des connaissances au secrétariat général au ministère de l’agriculture et de la Sécurité alimentaire, a fait savoir que si le cadre politique est défini par le niveau central, chaque province doit l’adapter à son contexte :
« Nous voulons atteindre le développement de la nation à partir des ménages agricoles. Lorsque les ménages agricoles, chacun se suffit, la nation va se suffire. Un développement qui est basé sur un plus grand nombre des ménages, au niveau des territoires, des secteurs, des villages, se retrouve dans notre politique »,a-t-il dit.
Avant d’ajouter :
Il appartient à chaque province, compte tenu de son contexte, de mettre en place des stratégies qui vont lui permettre d’atteindre les objectifs fixés par l’administration centrale.
Il a insisté sur une vision de développement basée sur les unités agricoles de base .
Pour sa part, Jean LeRoy, expert en stratégie et politique agricole chez Enabel, a rappelé l’engagement de l’agence belge de développement dans cinq provinces, dont la Tshopo, le Sud-Ubangi, le Kasaï Oriental, le Haut-Lomami et le Sud-Kivu.
Dans la province de la Tshopo par exemple
_à Opala, le projet agriculture familiale et entrepeuneuriat (AFE) de Enabel Tshopo travaille sur l’usine de transformation du riz, la construction d’un quai et une baleinière métallique pour faciliter le transport. Et dans Isangi, Enabel Tshopo a initié à travers le même projet des nouvelles méthodes, notamment les champs-écoles agro-pastoraux. Ce qui permet de diffuser auprès des agriculteurs et agents de développement locaux les techniques qui améliorent la production tant végétale qu’animale. Il donne aussi un appui pour regrouper les producteurs en coopératives afin de les aider à mieux s’organiser pour mieux vendre.
Maître Bijou Koy, ministre provinciale de l’Agriculture, a, quant à elle, rappelé le processus inclusif qui a permis l’élaboration de cette politique nationale
« Son élaboration a bénéficié de l’apport appréciable des experts et parties prenantes identifiés pour leur expertise avérée, surtout dans l’élaboration de la politique sectorielle. Cette politique constitue aujourd’hui le principal outil du ministère de l’Agriculture, qui fixe le cadre de référence et d’orientation des interventions de l’État pour un développement agricole durable ».
Pour le professeur Billy Bolakonga, l’un des participants, il est important d’avoir une politique agricole. Mais le plus important, c’est que tous les acteurs puissent l’accompagner. Il a insisté sur le besoin de moyens pour concrétiser cette ambition :
Il a également souligné que ce document répond à des préoccupations majeures telles que la sécurité alimentaire, la valorisation des ménages agricoles, et la réduction de la pauvreté.
Il responsabilise les acteurs locaux, notamment le gouvernement provincial et les acteurs territoriaux, à pouvoir voir dans quelle mesure mettre en œuvre ce document stratégique
Cet atelier de vulgarisation de la Politique d’Agriculture Durable se tient dans la province de la Tshopo après les provinces du Kwilu, du Congo Central, du Kwango et du Maï-Ndombé en 2023.
A la fin de atelier, ce document de la PAD traduit en langues nationales a été distribué à chaque participant.
Lors de l’ouverture de l’atelier, un représentant du ministère a déclaré : « Cet atelier marque une étape cruciale dans la mise en œuvre de la PAD. Il est essentiel que les acteurs locaux s’approprient cette politique pour garantir son succès sur le terrain. »

