Le Ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, séjourne à Kisangani depuis ce jeudi 6 novembre 2025, pour s’enquérir de la situation judiciaire dans la province de la Tshopo, marquée par la surpopulation carcérale et l’insuffisance d’infrastructures. Arrivé en début d’après-midi dans la capitale de la Tshopo, le Garde des sceaux congolais a été accueilli par le gouverneur intérimaire, Ghislain Mogenya, avec qui il a eu un bref échange sur les principaux défis qui rongent le secteur de la justice dans la province.
Face à la presse, le Gouverneur a.i de la Tshopo n’a pas mâché ses mots. Il a peint un tableau sombre du fonctionnement des juridictions dans la Tshopo, où plusieurs magistrats nommés depuis des mois se retrouvent sans locaux pour exercer.
« Le problème que nous pouvons relever ici, c’est que depuis que les animateurs de certaines juridictions ont été nommés, ils n’ont pas de bâtiments pour fonctionner. C’est le plus gros problème de notre province », a confié Ghislain Mongenya, à l’ACP.
À ce manque criant d’infrastructures s’ajoute une situation carcérale alarmante à la prison centrale de Kisangani, dont la capacité d’accueil est largement dépassée. Les détenus y vivent dans des conditions précaires, entre promiscuité, insalubrité et manque d’assistance sanitaire.
Le passage du ministre d’État Guillaume Ngefa s’inscrit dans une série de descentes de terrain initiées par le gouvernement central pour évaluer le fonctionnement de la justice en province. Selon des sources proches de la délégation, plusieurs pistes de solutions seront examinées, notamment la réhabilitation des bâtiments judiciaires et le désengorgement des maisons carcérales.
Alors que la justice est souvent présentée comme le socle de l’État de droit, le cri d’alarme du gouverneur a.i. Mongenya résonne comme un appel pressant à l’action.
Entre prisons surpeuplées et tribunaux sans toits, la Tshopo attend désormais que les promesses se traduisent en chantiers concrets.

