Dans la correspondance officielle adressée au Président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, le Vice-Premier Ministre, Shabani Lukoo Bihango J., déplore le non-respect des principes fondamentaux de gouvernance par l’organe délibérant provincial. Il évoque notamment l’absence de transparence, de débat contradictoire, et de loyauté institutionnelle dans le traitement de la motion de défiance contre le Gouverneur Lendongolia Lebabonga Paulin.
Le ministre souligne que cette démarche viole l’esprit de l’ »Acte d’engagement » signé à l’issue de l’atelier sur les mécanismes de stabilisation des institutions provinciales, organisé à Kinshasa en septembre 2025.
Il qualifie cette procédure de « non favorable en cette période critique », alors que la nation est confrontée à une crise sécuritaire dans la partie orientale du pays. En conséquence, il appelle le Comité Provincial de Sécurité à prendre les dispositions nécessaires pour préserver la stabilité institutionnelle dans la province de la Tshopo.
« La Tshopo a parlé à travers ses élus, et le peuple reste souverain »
En réaction, Guy Rami Lonia, acteur politique et philanthrope dans la Tshopo, n’a pas tardé de réagir. Dans une publication sur sa page officielle X, Lonia ne va pas dans le dos de la cuillère pour soulever des questions fondamentales.
Je lis avec étonnement la correspondance du VPM, adressée à l’Assemblée provinciale de la Tshopo. Et je me pose des questions fondamentales. Est-ce qu’un document signé dans un atelier entre Gouverneurs et Présidents d’Assemblées provinciales peut primer sur la Constitution de la République ? Est-ce qu’un simple engagement administratif peut suspendre le pouvoir de contrôle que la Constitution accorde aux députés provinciaux ?
Il ajoute que : La stabilité des institutions ne veut pas dire l’impunité des dirigeants. Elle signifie que les hommes passent, mais les institutions restent. Le VPM Peut-il, par simple correspondance, neutraliser une décision prise en plénière par 18 députés légitimement élus ? Et surtout quelle est la valeur juridique d’une “violation de l’esprit d’un atelier” face à la force d’une Constitution votée et promulguée ?
Pour Guy Rami Lonia, on ne peut pas invoquer la stabilité pour protéger un individu et fragiliser la loi. Et d’ailleurs, pourquoi cette fameuse stabilité n’était-elle pas évoquée lorsque c’était le Président de l’Assemblée provinciale qui était visé par une pétition ? Il a comparu, il s’est défendu, et les élus ont tranché. C’est cela le respect des institutions
Dans cette optique , Guy Rami Lonia estime que le Président de la République est le seul redevable devant la Nation tout entière, et la position actuelle du VPM, que certains qualifient d’ingérence manifeste, met en péril non seulement le fonctionnement des institutions provinciales, mais aussi le bilan du Chef de l’État. « Heureusement que la lettre du VPM n’annule pas le vote de la motion de défiance», a-t-il conclu.

