Trente-trois détenus, dont quatre femmes, ont été remis en liberté vendredi 25 septembre 2026 à la prison centrale de Kisangani, dans la province de la Tshopo. Certains étaient incarcérés depuis plusieurs années sans avoir été condamnés, notamment pour des faits bénins.
Selon des sources pénitentiaires, les durées de détention de certains bénéficiaires atteignaient 12, 14, voire 16 ans. Aucun des détenus concernés n’avait fait l’objet d’une condamnation judiciaire.
Cette mesure intervient dans le cadre d’une opération de vérification de la régularité des détentions menée par les autorités judiciaires.
« Nous avons relevé des cas de menaces et d’injures publiques. Ces faits ne peuvent justifier de longues détentions », a expliqué Raymond Kalonda Djongambolo, procureur général près la Cour d’appel de la Tshopo. Il a précisé que cette initiative ne visait pas à remettre en liberté des criminels.
Parmi les personnes libérées figurent également des détenus ayant déjà purgé leurs peines, mais maintenus en prison en raison de « lenteur ou erreurs administratives »
« Ils sont restés à la prison à cause d’une lenteur ou d’une erreur administrative. Nous avons corrigé cette erreur », a indiqué le procureur général.
Les vérifications se poursuivront afin de permettre à d’autres détenus de recouvrer leur liberté, dans le respect des procédures légales.
Cette opération intervient dans un contexte de surpopulation carcérale. Conçue pour accueillir 500 personnes, la prison centrale de Kisangani héberge actuellement plus de 1 429 détenus, soit un taux d’occupation de 288 %. Le bâtiment, vieux de 101 ans, ne répond plus aux normes minimales d’habitabilité, selon le directeur intérimaire de l’établissement, Guylain Rashidi.
Ce dernier a appelé les anciens détenus à respecter les lois, à éviter la récidive et à participer au développement de la province de la Tshopo.
Gaston MUKENDI

