Le bilan du naufrage de la baleinière REHOBOTE, survenu à Yawalo, en face de Yanonge, pourrait prendre une nouvelle tournure. Un corps sans vie, présenté comme celui d’un jeune homme, a été retrouvé à l’intérieur de l’embarcation après l’évacuation de plusieurs marchandises.

La REHOBOTE avait fait naufrage après avoir heurté un fagot de bois, la nuit du mercredi dernier. Dans un premier temps, les informations communiquées par les services intervenus sur place ne faisaient état d’aucune perte en vies humaines, mais uniquement de dégâts matériels.

La découverte de ce corps vient donc relancer les interrogations et pourrait nécessiter une nouvelle évaluation du bilan humain de l’accident. Selon Samuel Singili, habitant de Yanonge, le propriétaire de l’embarcation serait en fuite depuis le jour du naufrage. Le gérant serait, quant à lui, en détention provisoire.

Ces informations, qui nécessitent encore une confirmation officielle, pourraient être examinées dans le cadre des enquêtes destinées à déterminer les circonstances précises du naufrage. Pour les acteurs de la société civile, les accidents enregistrés à Yawalo ne doivent pas être considérés comme de simples incidents isolés.

Depuis plusieurs années, ils dénoncent l’état de certaines embarcations qui continuent de transporter des personnes et des marchandises malgré leur vétusté présumée. Pierre Boketshu, de la Nouvelle Société civile congolaise, dénonce ce qu’il considère comme une insuffisance dans l’application des règles de sécurité.

« Depuis plusieurs décennies, nous continuons à demander aux services attitrés de veiller au respect de la réglementation de la navigation et surtout à l’état des baleinières, en vain. Certaines baleinières devraient déjà être déclassées, mais elles continuent à effectuer des voyages sous l’œil impuissant de l’État, mettant ainsi la vie des Congolais et l’économie locale en danger », affirme-t-il.

Il estime que le contrôle technique et administratif des embarcations devrait être renforcé, notamment dans les zones où le transport fluvial constitue un moyen essentiel de déplacement et d’acheminement des marchandises.

Deux accidents en l’espace de deux jours

L’inquiétude est d’autant plus grande qu’une deuxième baleinière a fait naufrage au même endroit le mercredi, aux environs de 11 heures. Les premières informations rapportent plusieurs pertes matérielles.

Pour la société civile d’Isangi, cette répétition des accidents devrait pousser les autorités à prendre des mesures urgentes pour renforcer la sécurité de la navigation et éviter de nouveaux drames. Pierre Boketshu appelle par ailleurs le gouvernement à ne pas limiter les investissements dans le transport fluvial à la seule capitale.

« Nous venons de voir le gouvernement congolais inaugurer les bateaux à Kinshasa. Il serait important de mettre ces embarcations à la disposition des populations dans les provinces et territoires qui continuent à déplorer les pertes en vies humaines et des biens matériels depuis plusieurs décennies », souligne-t-il.

La découverte du corps dans la REHOBOTE remet ainsi la question de la sécurité fluviale au centre des préoccupations à Isangi. Les autorités sont désormais attendues pour faire la lumière sur les circonstances de ce naufrage, établir le bilan définitif et, le cas échéant, situer les responsabilités.

Gaston BILAMBO KANYI / KIS24

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