Un incident jugé préoccupant s’est produit ce vendredi aux environs de 13h30 au bureau de représentation provinciale de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH-RDC), situé sur l’avenue du 30 Octobre n°19, dans la commune de Makiso, à Kisangani.
Selon des sources internes à la CNDH-RDC, le ministre provincial des Infrastructures, Travaux Publics et Reconstructions (ITPR), M. Héritier Likaka Balombo, se serait présenté dans ces locaux, accompagné d’un officier de police judiciaire (OPJ) et de ses gardes du corps. D’après ces mêmes sources, le ministre aurait intimé l’ordre à Mme Claudine Bela, coordonnatrice provinciale de la CNDH-RDC, de libérer immédiatement le bâtiment, avançant que celui-ci relèverait de son ministère.
La scène se serait déroulée en présence des agents de la CNDH-RDC ainsi que des services spécialisés affectés à ce bureau. Des témoins affirment que des propos jugés intimidants auraient été tenus à l’endroit de Mme Claudine Bela et de son équipe, remettant en cause leur légitimité à occuper ledit bâtiment. Le ministre aurait notamment déclaré :
« Vous n’êtes pas de la Tshopo, pourquoi être attachés aux biens immobiliers de la province ? Vous allez quitter ce bâtiment et en chercher un autre ailleurs. »
Il est également rapporté que le ministre Héritier Likaka aurait été aperçu à plusieurs reprises dans ce bâtiment en dehors des heures de service, et que des menaces similaires auraient été adressées à M. Didier Ifinya, agent de la CNDH-RDC, lui demandant de déguerpir des lieux.
Face à cette situation, Mme Claudine Bela, M. Didier Ifinya ainsi que les services spécialisés ont adopté une attitude calme et responsable. Un rapport circonstancié des faits a été dressé et transmis à la hiérarchie de la CNDH-RDC, dans l’attente des décisions et orientations officielles .
Likaka se dédouane et parle d’une réaction sous effet de colère
Contacté par KIS24, le ministre provincial des ITPR, M. Héritier Likaka Balombo, rejette les accusations de tentative de déguerpissement de la CNDH-RDC. Il affirme n’être nullement passé pour expulser cette institution, mais plutôt pour s’enquérir de la situation administrative et domaniale du bâtiment concerné.
Selon le ministre, la réaction de Mme Claudine Bela aurait été marquée par de la colère, ce qui l’étonne, d’autant plus qu’il estime que le dossier a évolué avec une rapidité inhabituelle du côté de la coordination provinciale de la CNDH-RDC.
M. Héritier Likaka précise par ailleurs que, contrairement aux accusations portées contre lui, sa délégation était composée uniquement du chef de bureau, du chef de division des Travaux publics et de son garde du corps, et non d’un officier de police judiciaire ni de plusieurs gardes armés.
Cette affaire met en lumière des divergences d’interprétation entre les deux parties et soulève des interrogations sur la gestion des biens immobiliers publics ainsi que sur le respect de l’indépendance et de la sécurité des institutions chargées de la promotion et de la protection des droits humains en République démocratique du Congo.
Affaire à suivre !

