​Isangi, le silence de l’État est devenu assourdissant face au fracas des armes.

Ce jeudi 14 mai 2026, le territoire d’Isangi s’est levé comme un seul homme; derrière la colère des manifestants et le mémorandum du consortium de la société civile, se cache une réalité macabre que les chiffres viennent désormais confirmer, le territoire est devenu un véritable coupe-gorge pour les opérateurs économiques. ​Si la marche a mobilisé des centaines de citoyens, c’est parce que la comptabilité de l’horreur n’est plus supportable.

Selon des données recoupées sur le terrain, la spirale de violence a atteint des sommets de cruauté entre fin 2025 et début 2026; ​novembre 2025 , un mois noir marqué par l’assassinat d’un opérateur économique et d’un taximan, le préjudice financier est colossal : 57 millions de francs congolais ont été volatilisés lors de braquages.

​Avril 2026, la violence franchit un nouveau palier, trois victimes sont à déplorer, dont une femme, deux autres opérateurs économiques perdent la vie, et 15 millions de francs congolais sont emportés par les assaillants.

​Au total, le secteur névralgique de Bokau paie le prix fort avec trois de ses opérateurs économiques froidement abattus. Le butin cumulé des criminels donne le tournis : 72 millions de francs congolais, auxquels s’ajoutent des devises étrangères (400 USD) et des biens de valeur, dont un iPhone 14 Pro.

​L’axe de la peur Isangi-Kisangani,ces attaques ne sont pas de simples faits divers. Elles ciblent méthodiquement ceux qui font vivre l’économie locale. Les embuscades sur l’axe Isangi-Kisangani ont instauré un climat de terreur qui paralyse les échanges.

​« Le peuple d’Isangi refuse désormais de vivre dans la peur et l’abandon », martèlent les signataires du mémorandum de la LUCHA, de la NSCC et de Jeunesse Patriote.

​Pour la société civile, ce n’est pas seulement le banditisme qu’il faut combattre, mais la « carence manifeste » d’une administration territoriale décapitée.

L’absence d’un administrateur titulaire depuis les dernières nominations est perçue comme un abandon pur et simple de la part du pouvoir central,un ultimatum sur fond de crise de confiance,l’administrateur de territoire intérimaire, Toussaint Loholo Keke, a reçu le mémorandum sous une pression populaire palpable. S’il a admis qu’il fallait « passer de la théorie à la pratique », la population, elle, ne compte plus les jours mais les victimes.

En effet, les exigences sont claires et assorties d’un délai de 7 jours à savoir : sécurisation immédiate des axes routiers par des patrouilles mixtes; nomination urgente d’un administrateur de territoire titulaire; enquête administrative sur la gestion sécuritaire actuelle et fin de l’impunité pour stopper le cycle de la justice populaire.

​À Isangi, l’heure n’est plus aux condoléances officielles. Si Kinshasa ne réagit pas avant la fin de l’ultimatum, c’est toute la structure sociale du territoire qui risque de basculer définitivement dans l’anarchie.

Journaliste Reporter

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