Après les tensions ethniques entre les communautés Mbole et Lengola aujourd’hui apaisées, la province de la Tshopo fait face à un nouveau défi : le vide juridique entourant le statut du secteur de Lubuya-Bera.
Devant la presse de Kisangani, la sénatrice Madeleine Nikomba, ancienne gouverneure de la province, tire une fois de plus la sonnette d’alarme.
Ce n’est pas une affaire de documents. C’est une affaire de paix », a-t-elle déclaré lors d’un point de presse organisé ce dimanche 29 juin 2025 au Lycée Malikiah de Kisangani.
L’élue des élues qui n’est pas à son premier mandat a révélé qu’en 2022, une nomination inappropriée d’un bourgmestre dans Lubuya-Bera avait failli provoquer des affrontements violents :
Ce jour-là, j’ai évité un bain de sang. Il y a même eu mort d’homme, juste parce qu’on a ignoré la réalité juridique du secteur », a-t-elle déclaré.
Selon Nikomba, Lubuya-Bera est bien plus qu’un simple secteur administratif. C’est la principale zone d’approvisionnement de Kisangani. Tout blocage dans cette zone aurait des conséquences graves pour les habitants de la ville :
Ils allaient tout fermer. Nous serions morts de faim, sans armes, juste par paralysie », a-t-elle alerté.
L’ancienne gouverneure de la Tshopo affirme avoir déjà engagé des discussions avec les députés provinciaux. Elle s’engage désormais à porter la question au Sénat afin d’obtenir une reconnaissance claire et juridiquement fondée du statut de Lubuya-Bera :
Toute confusion juridique peut devenir un facteur d’instabilité. Nous devons agir maintenant », a-t-elle insisté.
Pour Nikomba, cette bataille est bien plus qu’une démarche administrative. Elle relève de la stabilité, de la gouvernance et de la prévention des crises futures. Un appel est lancé à tous les tshopolais chacun dans sa zone de confort de fédérer les énergies positives pour la réussite des démarches.
