Le constat est glacial, mais la colère, elle, est brûlante. Alors que les foyers de la Tshopo suffoquent déjà sous le poids de la vie chère, une réalité révoltante s’impose à la pompe : le prix du carburant grimpe sans aucun garde-fou. Face à ce qu’il qualifie de « profit illicite », le député provincial Senold Tandia Akomboyo, dit « le Muzalendu », est monté au créneau ce mardi du plus haut de l’hémicycle pour exiger que l’on cesse de sacrifier le portefeuille des Boyomais sur l’autel de la spéculation.
Si la crise au Moyen-Orient sert de prétexte mondial, le fossé creusé à Kisangani est vertigineux.
« Comment justifier une hausse de près de 50 % chez nous, quand le reste de l’Afrique subsaharienne limite la casse autour de 15 % ? », s’interroge l’élu.
Pour le Muzalendu, cet écart n’est pas une fatalité économique, mais une injustice flagrante imposée par une poignée d’opérateurs.
L’élu rappelle une vérité juridique que beaucoup semblent avoir oubliée : le prix du litre n’est pas un curseur que l’on déplace selon son humeur. L’article 8 de la loi sur la liberté des prix est formel : c’est le pouvoir public qui fixe les tarifs. Laisser le marché aux mains des seuls opérateurs, c’est livrer la population à l’arbitraire.
Le message est clair : le ministère de l’Économie doit sortir de sa réserve. Le député Tandia appelle à l’application immédiate de la structure des prix de la Zone Est, telle qu’actée avec la FEC. Pour lui, il ne s’agit plus seulement de chiffres, mais du respect de la dignité d’un peuple qui refuse d’être la vache à lait d’un système opaque.

