Une mission de terrain menée sur l’axe Kisangani-Opala, par un groupe se réclamant membres de la structure « Jeunesse extra système » dresse un constat alarmant de l’état de cette route vitale pour la province de la Tshopo. Entre bourbiers, dignité humaine bafouée et zones d’ombre sur l’exécution des travaux malgré un décaissement de 30%, cette structure hausse le ton et annonce une marche populaire pour le 30 septembre 2026.
Partie du PK8 jusqu’à Opala centre, l’équipe de la mission a pu constater l’impraticabilité de la route. Si le tronçon allant du PK8 au PK52 demeure un peu praticable malgré de nombreuses barrières de perception, et que la circulation entre Yate et Etanya se fait difficilement à moto, la situation vire au cauchemar de Yakoko à Yaokula.
Sur plus de 80 kilomètres, le décor est planté de bourbiers profonds, de ravines et d’eaux stagnantes où les usagers, réduits à bricoler avec des troncs d’arbres, peinent à avancer. Plus grave encore, cette situation bafoue la dignité humaine : des récoltes de riz détruites dans la boue, des mères de famille en danger, et surtout, des dépouilles mortelles transportées cahin-caha à moto par manque d’ambulances et de routes praticables.
Le rapport pointe du doigt un décalage entre la communication officielle et la réalité du terrain. Alors que le porte-parole du gouverneur a affirmé que les travaux avaient atteint 70 km, l’équipe sur place à Yaliyembe, à 70 km de Kisangani, n’a constaté aucun travail visible, si ce n’est un léger grattage de 13 km réalisé par l’entreprise KAS Logistique — dont la base est au PK8 mais qui ne dispose d’aucun engin sur le tronçon — jugé insuffisant pour résister à la prochaine saison des pluies.
L’entreprise ODEV a quant à elle été aperçue avec une niveleuse pour du reprofilage. Selon un ancien ministre provincial de l’ITPR, les travaux auraient dû s’arrêter à Yataka 2 grâce aux 30% déjà décaissés par le gouvernement central. Face à cette opacité, la mission exige des comptes.
Les cinq exigences après cette mission

Constatant que l’argent a été décaissé à Kinshasa pendant que la souffrance persiste à Opala, la structure Jeunesse extra système formule cinq exigences majeures :
-La publication du contrat officiel pour identifier l’entreprise attributaire et le kilométrage exact prévu.
-Un audit indépendant sur les 30% déjà décaissés par le gouvernement central afin d’élucider l’absence de réalisations visibles.
-La vérité sur les 70 km annoncés par le gouvernement provincial.
-L’intégration d’ouvrages de drainage et pas seulement un simple grattage de terre.
-La levée immédiate des barrières illégales (aux PK8, 52, 60, 92, 220 et 250 km) qui rançonnent les habitants.
Pour dire non à l’étouffement de la vision du Chef de l’État, exiger un contrôle parlementaire rigoureux face aux discours jugés mensongers du gouvernement provincial et réclamer l’asphaltage effectif de cet axe, une marche populaire est programmée pour le 30 septembre 2026 de la Poste jusqu’à l’Assemblée provinciale. Motards et mamans vendeuses de riz sont particulièrement conviés à joindre leurs voix pour faire valoir leurs droits à un développement digne de ce nom.

