RDC : Retour sur l’étrange combat vers les élections de 2018, une épreuve pénible du militant Jacques Issongo

Au pouvoir depuis plus de 18 ans d’abord suite à l’assassinat de son père ensuite aux élections de 2006 et 2011, Je n’evoquerai pas le contexte de la publication des résultats de ces victoires, Joseph Kabila, au soir de son mandat refusa d’organiser les élections en décembre 2016. Des élections qui devaient mettre fin à son 2e et dernier mandat.

Une frange de la jeunesse congolaise contre son maintien au pouvoir par des moyens illégaux, et la LUCHA ainsi que d’autres mouvements sociaux congolais en particulier, avaient tous pris la décision d’exiger son départ à la tête de la RDC de manière pacifique, car refusant volontairement d’organiser des élections.

Ainsi les dates du 29, 30 et 31 décembre 2017 marqueront à jamais l’histoire de la RDC puis qu’elles étaient choisies par la LUCHA à travers le pays pour manifester et exiger le départ du 4ieme président de la RDC.

Plus loin de la capitale, à Kananga pour être précis, les militants de la LUCHA s’etaient mobilisés tôt le matin du 29 décembre malgré l’impressionnant dispositif policier et militaire déployé dans la ville pour étouffer toute tentative de soulèvement. Seules la bravoure et la détermination avaient remporté sur la peur et l’intimidation.

Au marché Salongo, où la marche devait commencer, la police nous intima l’ordre de nous disperser au motif de la situation sécuritaire particulièrement délétère du Kasai avec la présence des éléments miliciens de Kamuena Nsapu.

Face à notre refus catégorique de bouger d’un pied, le Général Kahumba, faisait son déplacement et hurla sur nous en ce terme je cite :

«Dispersez vous tout de suite

Avec respects, nous dirons à ce Général ce qui suit :

« Nous ne bougerons d’ici

En entendre cette réponse à son égard, le général ajouta :

« Je suis prêt à vous rendre un exilé si tu t’entête.»

Et il ordonna sa police de me jeter dans sa jeep avant de voir tous les 10 autres militants nous suivre et monter dans la jeep par solidarité.

« Vivre ensemble ou mourir ensemble»était notre slogan dans ce combat en route vers les élections.

Quelques minutes plus tard, nous débarquons devant la mairie de la ville, en présence de quelque vingtaine de motos qui avait voulu nous soutenir le long du trajet, le maire de la ville nous a, à son tour rossé des coups dans son bureau avec des menaces de morts à notre endroit.

Cette journée du 29 décembre 2017 fut une journée trop longue, épuisante et particulièrement stressante.

De la mairie, nous étions conduits à l’Inspection Provinciale de la Police du Kasai Central où nous ne savions pourquoi nous étions interpellés car nous avions saisi deux jours auparavant la mairie pour notre action pacifique.

Ce n’était que tard dans la soirée que nous étions ramenés à P2, cachot dédié aux policiers et militaires situés à quelques pas de la maison communale de Kananga, au centre ville.
Une première nuit, affamés.

Jacques Issongo, Albert Mbelenge, Albert Ngalamulume, Dibelayi Norbert, Clément Katabua, Aimable Kapuku, Adèle Ilunga, Pontien Misenga, John Mwepu et Clément Katumba seront aussi arrêtés.

Le lendemain, un interminable combat pour obtenir notre libération après nous avoir jeté en prison.
La date du 30 décembre sera ainsi la plus dure car tabassés et torturés à volonté au parquet de Kananga.

C’était donc la deuxième fois que nous venions d’être interpellés (23 décembre 2017, arrêtés pour avoir exigé les élections générales et dire non à l’élection du gouverneur Kambayi par les députés provinciaux fin mandat depuis 2011).
Un mois plus tard, nous avions été acquittés car aucune loi n’était violée, et ça, en dépit des multiples pressions que le tribunal avait subit de nous condamner à 3 ans de prison ferme.

Par Jacques Issongo, activiste de la LUCHA

Steves

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