Deux jours après les images largement relayées sur les réseaux sociaux montrant des médecins arrosés par des canons à eau devant l’immeuble du Gouvernement, l’affaire prend une nouvelle dimension judiciaire.

Les députés nationaux Jean-Marc Mambidi Koloboro et Laddy Yangotikala Senga, également médecins du Gouvernement, ont officiellement déposé une plainte auprès de l’Auditorat général des FARDC contre les policiers qu’ils estiment responsables des violences survenues lors de la manifestation des 14 et 15 juillet.

Dans cette plainte, introduite par leur avocat, Me Maurice Kale, les deux élus soutiennent que les médecins exerçaient leur droit à une manifestation pacifique pour réclamer le paiement de leurs primes de risque et de meilleures conditions de travail. Ils dénoncent une intervention policière qu’ils jugent disproportionnée, marquée notamment par l’utilisation de jets d’eau contre les manifestants.

Les plaignants estiment que ces actes portent atteinte non seulement à l’intégrité physique des médecins, mais également aux libertés garanties par la Constitution, notamment le droit de manifester et de se réunir pacifiquement. Ils évoquent aussi des engagements internationaux de la RDC en matière de protection des droits humains.

Pour appuyer leur démarche, des vidéos des événements ont été versées au dossier afin de permettre l’identification des agents impliqués et d’établir les circonstances exactes de l’intervention.

Au-delà de la dénonciation, les deux députés demandent l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire. Ils souhaitent que les policiers concernés soient identifiés et que d’éventuelles responsabilités au sein de leur hiérarchie soient également examinées.

L’État de droit n’est pas un slogan, c’est une pratique », a réagi le député Yangotikala Senga. Il affirme que cette plainte marque le passage « de la parole aux actes » et assure que le dossier sera suivi jusqu’à son aboutissement.

À ce stade, l’Auditorat général des FARDC n’a pas encore communiqué sur les suites qui seront réservées à cette plainte. L’ouverture d’une enquête devrait permettre de déterminer les responsabilités de chacun, conformément aux procédures prévues par la loi.

L’affaire continue de susciter de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique, où plusieurs voix appellent à ce que toute la lumière soit faite sur les incidents ayant opposé les forces de l’ordre aux professionnels de santé.

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