À Kisangani, les défis pour améliorer les politiques de santé et de droits des femmes et des filles restent importants. C’est le constat dressé mardi lors d’une réunion du cadre de concertation axée sur les droits sexuels et reproductifs et la mise en œuvre du protocole de Maputo, dans la province de la Tshopo. Celle-ci a été tenue au Ministère provincial de la santé par l’Asbl AFIA MAMA, en collaboration avec IPAS, sous l’appui financier de l’ambassade du royaume des Pays-Bas en RDC.
Selon le Dr Nono Manganza Binti Masudi, ministre provinciale de la Santé, de multiples obstacles entravent l’application de ces politiques. Parmi eux, les barrières socioculturelles, le manque d’accès à l’information, la méconnaissance du protocole de Maputo et des capacités limitées des structures de santé.
Progrès et perspectives

Malgré ces difficultés, des avancées notables ont été soulignées. Me Laurianne Kolongo, de l’Association des femmes avocates du Congo, a rappelé que la province de la Tshopo a réalisé des progrès significatifs, notamment grâce à l’engagement des autorités locales et à la mise en place d’un cadre de concertation provincial.
Elle a également détaillé des initiatives clés, comme le renforcement des capacités des acteurs de la justice et la création d’un pool de magistrats dédié à ces questions. De plus, un système de suivi des dossiers judiciaires des victimes a été mis en place pour un meilleur accompagnement.
Une feuille de route pour l’avenir

Les participants ont identifié les obstacles juridiques et sociaux à l’application du protocole et ont travaillé sur une feuille de route provinciale. L’objectif est de renforcer la collaboration entre les différentes parties prenantes : gouvernement, ONG et société civile.
À l’issue de la rencontre, plusieurs recommandations ont été formulées :
- Intensifier la sensibilisation dans les communautés et les territoires.
- Traduire le protocole en langues nationales pour le rendre plus accessible.
- Renforcer les mécanismes de prise en charge des victimes et de formation du personnel soignant.
Ces mesures visent à surmonter les défis persistants et à garantir une meilleure appropriation du protocole de Maputo pour une application plus effective des droits des femmes et des filles en RDC.
En RDC, malgré les engagements pris au niveau international, notamment la ratification du Protocole de Maputo qui vise à promouvoir et à protéger les droits des femmes en Afrique, y compris les droits reproductifs, la jouissance effective des droits en santé sexuelle et reproductive (DSSR) reste confrontée à de nombreux défis. Ces défis sont encore plus marqués dans les provinces comme la Tshopo, où les barrières socioculturelles, le manque d’accès à l’information, la méconnaissance des dispositifs du protocole de Maputo et les faibles capacités des structures sanitaires entravent la mise en œuvre de politiques favorables à la santé et aux droits des femmes et des filles.
Devant cette état de fait, AFIA MAMA asbl, avec l’appui de IPAS, a organisée une réunion de cadre de concertation provinciale sur l’application du protocole de Maputo regroupant les principaux acteurs étatiques, communautaires, sanitaires et des experts en droits de l’homme et en droits des femmes, afin d’évaluer l’application du Protocole de Maputo, identifier les lacunes et les défis, élaborer des stratégies pour améliorer sa mise en œuvre au niveau provincial et renforcer un cadre de dialogue et de suivi de la mise en œuvre des DSSR au niveau provincial.
Cette activité s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet visant à améliorer l’accès à l’information sur la santé, les droits sexuels et reproductifs (SDSR) et les services complets de soins d’avortement (CAC) à Kinshasa et dans la Tshopo. Elle a connu la participation remarquable des représentants de l’ambassade du Royaume des Pays-Bas en RDC.

