Face à l’insécurité grandissante, particulièrement dans l’est de la République démocratique du Congo, les acteurs de la société civile plaident pour une union sacrée. Réunis ce jeudi 30 avril 2026 à Kinshasa, les experts ont qualifié la création d’une Coalition nationale des défenseurs des droits humains (DDH) de « nécessité existentielle ».
Dans son discours fort marqué par l’urgence et l’engagement, Mme Annie Bambe, Présidente du Forum pour les Droits des Jeunes et Enfants au Congo et membre d’AfricanDefenders, a ouvert cette cérémonie pour l’avenir de l’espace civique en République Démocratique du Congo.
« Vous êtes la voix des sans-voix, le rempart contre l’impunité », a déclaré Mme Bambe, peu avant de rappeler que la nouvelle Coalition nationale se veut une réponse concrète aux lacunes des mécanismes de protection actuels.
« Héros au prix ultime »

L’atelier, organisé par les structures DéfendDefenders et AfricanDefenders, a été marqué par la présentation du rapport réactualisé intitulé « Héros au prix ultime ». Initialement menée en 2024, cette étude dresse un état des lieux sans concession de la sécurité des militants en RDC. Selon Jonathan Magoma, directeur exécutif du Partenariat pour la protection intégrée (PPI), la situation s’est considérablement dégradée, notamment dans les zones sous occupation de l’AFC/M23.
« La création d’une coalition nationale est perçue comme une nécessité stratégique pour assurer la survie des défenseurs et leur capacité à poursuivre leur mission », a-t-il déclaré.
Le rapport souligne l’urgence de réformer le cadre de travail des DDH. Pour garantir leur efficacité et leur sécurité, plusieurs pistes ont été avancées :
- Révision législative : Adapter les lois pour mieux protéger les acteurs de terrain.
- Soutien aux médias : Renforcer le secteur de la presse, allié indispensable des droits humains.
- Indépendance de la CNDH : Garantir l’autonomie de la Commission nationale des droits de l’homme.
- Financement pérenne : Mise en place d’un fonds commun pluriannuel pour répondre aux besoins prioritaires.
L’appel à la mutualisation des forces
Le professeur Rémy Ngoy, rapporteur spécial à la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), a insisté sur la fin du travail en « vase clos ». Pour lui, la vulnérabilité des défenseurs vient souvent de leur isolement. Il appelle ainsi à une mutualisation des efforts, exhortant les institutions privées et publiques à collaborer plus étroitement.
L’objectif est, selon lui, d’harmoniser le langage et les actions pour peser davantage face aux institutions nationales et internationales. L’extension des mécanismes de protection vers les zones rurales et le renforcement des capacités des organisations locales demeurent les défis majeurs pour cette future coalition, dans un contexte sécuritaire qui ne laisse plus de place à l’improvisation.
AfricanDefenders/DefendDefenders : Quid ?
AfricanDefenders est un Réseau panafricain des défenseurs des droits humains. Il est né en 2009 pour coordonner les initiatives sur le continent au profit des défenseurs des droits humains (DDH). Il s’agit d’un réseau parapluie regroupant cinq organisations sous-régionales africaines dédiées à la promotion et à la protection des défenseurs des droits de l’homme à travers le continent africain.
AfricanDefenders est une organisation faîtière capable de coordonner et de renforcer les
efforts au niveau des cinq sous-régions, une solution essentielle qui a su et surmonte nombre des difficultés et des lacunes constatées dans les mécanismes de protection. AfricanDefenders encourage la collaboration à l’échelle du continent, soutient les actions de plaidoyer stratégiques, contribue à la protection des défenseurs des droits humains menacés et met en lumière l’impact de leur travail inlassable.

