À Kisangani, le prix du carburant est devenu l’un des principaux symboles des déséquilibres économiques entre l’Ouest et l’Est de la République démocratique du Congo. Alors que Kinshasa bénéficie d’un approvisionnement relativement stable grâce à sa proximité avec les corridors maritimes, les provinces orientales supportent des coûts logistiques et fiscaux beaucoup plus élevés.
Dans la Tshopo, cette situation affecte directement le coût du transport, des denrées alimentaires et des activités commerciales. Chaque hausse du prix à la pompe alimente ainsi une pression supplémentaire sur le pouvoir d’achat des ménages.
Une logistique lourde et coûteuse
La différence de prix s’explique d’abord par la complexité du circuit d’approvisionnement. Contrairement à Kinshasa, alimentée via Matadi et Boma, Kisangani dépend d’un acheminement combinant routes, voies fluviales et parfois infrastructures ferroviaires.
Le carburant destiné à l’Est du pays parcourt de longues distances avant d’arriver dans les stations-service de la Tshopo. Ce trajet entraîne des frais élevés de transport, de manutention, de stockage et de sécurisation des cargaisons.
À cela s’ajoutent les difficultés liées à l’état des routes. Sur plusieurs axes stratégiques, les infrastructures dégradées augmentent les coûts d’exploitation des transporteurs et ralentissent l’approvisionnement.
Taxes et surcoûts sous pression
Les opérateurs pétroliers dénoncent également l’accumulation des taxes de transit et des prélèvements administratifs appliqués tout au long de la chaîne logistique.
Cette question a récemment été examinée lors d’une réunion tenue à Kinshasa entre le ministère de l’Économie nationale, les représentants de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) et les autorités de la Tshopo.
Le gouvernement a annoncé la poursuite des concertations techniques afin d’identifier des solutions susceptibles d’alléger les charges supportées par les sociétés pétrolières opérant dans l’Est du pays.
Le dossier des taxes de transit doit notamment être transmis à la hiérarchie compétente pour un examen approfondi.

Kinshasa promet des mesures correctives
Face aux inquiétudes des opérateurs économiques et des consommateurs, le gouvernement central tente désormais de rassurer.
Le Gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia, a récemment annoncé qu’une baisse du prix du carburant pourrait intervenir après les discussions menées à Kinshasa.
Une solution est en voie d’être concrète, parce qu’il y a une mesure qui a été prise par le vice-Premier ministre en charge de l’Économie juste après les deux séances de travail que nous avons eues », a-t-il déclaré.
Même si les détails des mesures envisagées n’ont pas encore été rendus publics, plusieurs pistes sont évoquées, notamment un allègement de certaines charges fiscales et un meilleur accès des opérateurs pétroliers aux mécanismes de subvention de l’État.
Pour les autorités congolaises, l’objectif est désormais de réduire les écarts de prix entre Kinshasa et les provinces enclavées de l’Est, où le carburant reste un facteur central du coût de la vie et de la compétitivité économique.

