Kisangani a célébré, ce mardi 30 juin, le 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo dans une ambiance de recueillement et de ferveur patriotique. Mais au-delà des cérémonies officielles, une annonce du gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia, a retenu l’attention sur le lancement de la campagne de sensibilisation en faveur d’un changement de la Constitution.
Lors d’un culte œcuménique organisé à l’esplanade de la Grande Poste, le chef de l’exécutif provincial a appelé la population à accompagner l’idée d’une « nouvelle République », estimant que la Constitution actuelle devrait être repensée pour mieux répondre aux réalités du pays.
Aujourd’hui, c’est le jour de l’indépendance de la RDC, c’est aussi le début de la sensibilisation pour une nouvelle République », a-t-il déclaré devant les autorités et les fidèles réunis pour l’occasion.
Le gouverneur a affirmé son adhésion à la vision du président de la République, Félix Tshisekedi, plaidant pour une Constitution « écrite par les Congolais et pour les Congolais », sans influence extérieure. Selon lui, cette réforme permettrait de renforcer la souveraineté nationale, de consolider les institutions et d’adapter la loi fondamentale aux défis actuels du pays.
Toutefois, cette prise de position intervient dans un contexte où la province de la Tshopo fait face à de nombreux défis socio-économiques et infrastructurels. L’état de plusieurs routes, les difficultés d’accès à l’eau potable et à l’électricité, ainsi que les attentes de la population en matière de développement local demeurent au cœur des préoccupations des habitants.
Sur les réseaux sociaux et dans certains milieux d’opinion, des voix s’élèvent pour s’interroger sur les priorités des autorités provinciales, estimant que les efforts devraient d’abord être concentrés sur la résolution des problèmes quotidiens auxquels sont confrontés les Boyomais. D’autres, en revanche, considèrent que le débat constitutionnel constitue une question nationale légitime qui mérite également une participation active des provinces.
Conscient de la sensibilité du sujet, Paulin Lendongolia a appelé la population à l’unité et à la cohésion autour de cette initiative. Il a annoncé l’organisation d’un grand meeting populaire le 11 juillet prochain à l’esplanade de la Grande Poste afin de poursuivre la campagne de sensibilisation.
Le débat sur une éventuelle révision ou un changement de la Constitution de 2006 continue ainsi de polariser la classe politique congolaise et l’opinion publique, entre partisans d’une refonte institutionnelle et défenseurs du maintien du texte actuel.

