Participation de la Tshopo aux états généraux de l’ESU : face aux polémiques, le Prof Grison Kakumbi éclaire les lanternes en deux points

Héraclite d’Ephèse disait, ce qui est, est et a droit d’être pensé parce que cela est et ce qui n’est pas, n’est pas et n’a pas droit d’être pensé parce que cela n’est pas. Loin de moi l’intention de m’engager dans une polémique avec qui que ce soit. Par devoir scientifique et surtout par ma spécialité en philosophie du droit et de l’éducation ; ayant réellement et activement participé aux travaux des états généraux de l’ESU depuis le début en 2019 jusqu’au dernier jour des travaux le mardi 14 septembre 2021, je me fais le devoir de faire une mise au point afin d’éclairer les lanternes en deux points notamment, sur la participation des
établissements de l’Enseignement Supérieur et Universitaire (EESU) de la Tshopo et sur les résolutions des états généraux de Lubumbashi.

1. De la participation des EESU de la Tshopo aux travaux des états généraux de l’ESU

Après avoir suivi par appels téléphoniques, sur les réseaux sociaux et même sur les médias, certaines réactions tendant à minimiser la participation de la Tshopo aux états généraux voire à nier complétement même sa participation ou à ne réduire les états généraux qu’aux travaux de Lubumbashi, il sied ici de préciser que les résolutions des états généraux sont les fruits de plusieurs travaux antérieurs qui ont été achevés par ceux de Lubumbashi avec la participation
des experts des domaines presque de tous les établissements de la RDC en général et de la Tshopo en particulier, y compris des compatriotes de la diaspora. Ces travaux ont été organisés par trois pools des EESU notamment UNIKIN, UNILU et UNIKIS.

Pour ce qui est de la Tshopo particulièrement, il sied de préciser que durant les travaux prépréparatoires des états généraux des mois d’octobre et novembre 2019 au Ministère, il a été décidé ce qui suit pour permettre une participation de tous les domaines y compris des corps de l’ESU :

  • il faut diviser le pays en six provinces (blocs des provinces aujourd’hui
    démembrées) comme dans le temps ;
  • sélectionner les experts des domaines dans les établissements en tenant compte de chaque spécificité des EESU notamment les universités d’un côté, les ISP et les instituts supérieurs techniques (ISC, ISTM…) de l’autre, y compris la participation
    des étudiants.
    De ce qui précède, l’Est du pays se divisera de la manière suivante : dans la grande Province
    Orientale, l’UNIKIS sera sélectionnée pour la Tshopo, ISP Bunia pour l’Ituri, une étudiante
    pour ISTM Isiro pour le Haut-Uélé. Il en sera de même pour le Grand Kivu (UNIGOM, ISP/Bukavu et un institut technique à Kindu).

C’est dans cette logique que la Tshopo sera associée à tous les travaux des états généraux en commençant par la coordination dans laquelle étaient membres la CT SIFA, les Professeurs Norbert Kalindula, Arthur Yenga et Grison-Trésor KAKUMBI BELUMBA, Secrétaire-Rapporteur de l’APUKIS. Ce dernier était l’un des 4 Secrétaires-Rapporteurs représentant la partie Est du pays dans la coordination nationale des EGESUC.

En fin manager et en gestionnaire averti, l’actuel Ministre, en restructurant la coordination des
EGESUC, n’a pas fait tabula rasa du passé et des travaux antérieurs. Il a d’ailleurs maintenu l’ancien coordonnateur, le Professeur Ordinaire Barthelemy PANGANDJANGA qui est devenu Coordinateur-Adjoint, pour venir en appui au Coordonnateur, le Professeur Antoine
TSHIMPI. De l’autre côté, le professeur Arthur YENGA de l’UNIKIS a été gardé dans la coordination nationale. Une restructuration qui a permis un nouveau souffle vers les résultats escomptés. Le succès ostentatoire et indélébile de ces travaux est l’œuvre des efforts incommensurables et du génie de cette coordination nationale sous le leadership du Ministre de l’ ESU, S.E. MUHINDO NZANGI Butondo.

L’histoire retiendra que le questionnaire de l’enquête sociodémographique des EGESUC a été conçu à Kisangani, la préenquête et le démarrage de l’enquête proprement dite. Les Collègues
issus de plusieurs institutions de la Tshopo, Ituri, Haut-Uele, Bas-Uele,…y ont participé de manière très active et que les enquêtes ont été lancées à partir de l’Université de Kisangani et de l’IFA Yangambi, donc dans la Tshopo.
Hormis la participation individuelle des établissements ou des personnalités de l’ESU, notamment dans les questionnaires d’enquêtes ou dans les contrôles de viabilité par exemple, un atelier préparatoire a été organisé à Kisangani en date du 28 août 2021 sur instruction du Ministre de l’ESU afin de sensibiliser les différents corps de l’ESU et les partenaires sur les thématiques des états généraux et recueillir leurs avis. Ledit atelier dont le Recteur de
l’UNIKIS m’a honorablement confié la charge pour organiser et conduire les travaux a été appuyé par le Professeur Arthur YENGA venu de Kinshasa au nom de la coordination nationale des EGESUC pour lancer ces travaux. Un rapport narratif de ces travaux a été transmis au Recteur de l’UNIKIS et Président de la Conférence des Chefs d’établissement de l’ESU de la Tshopo comme coordonnateur provincial qui à son tour a transmis à la coordination nationale. Dans ce rapport, 6 axes ont été exploités. Il était question de faire un diagnostic de ces axes, de faire des propositions et des observations pour enfin dégager les
résolutions/recommandations. En parcourant le livret des résolutions des états généraux de Lubumbashi, vous trouverez que les recommandations de l’atelier de la Tshopo ont été prises
en compte.

S’agissant de la participation aux travaux proprement dits de Lubumbashi, il convient de préciser que la coordination nationale des EGESUC a retenu et invité cinq experts de la
Tshopo qui étaient classés chacun dans son panel de travail hormis le Professeur Arthur
Yenga qui travaille dans la coordination nationale. Il s’agit des personnes ci-après : le PO Bénoît DEDH’A, Recteur de l’UNIKIS et Président de la Conférence des Chefs des EESU, le PO Antoine NGUTE, Président de l’APUKIS, le PO Pionus KATUALA, Doyen de la faculté des sciences qui a expérimenté le système LMD à l’UNIKIS, la CT SIFA, personnel
Scientifique et Vice-doyen à la Faculté des sciences économiques et enfin le Professeur
Grison-Trésor KAKUMBI BELUMBA, Secrétaire-Rapporteur de l’APUKIS. C’est ce dernier qui va réussir à partir pour Lubumbashi via Bunia-Goma-Kinshasa et à participer à tous les travaux jusqu’au dernier jour avec son collègue le Professeur Arthur YENGA qui y était bien avant comme membre de la coordination nationale. Il convient de signaler également la
participation du PO MWAYILA Tshiyembe, Doyen de la Faculté de droit de l’Université de
Kisangani qui était à Lubumbashi pour l’évaluation d’une thèse et qui a été convié à cette fin indiscutablement costaud pour ce genre d’exercice.

Pourquoi un seul invité seulement a pu partir ?

C’est juste un problème logistique lié au manque de place dans les avions : pour cette période, pas de place dans les vols directs Kisangani-Lubumbashi via Kinshasa ; pas de place pour les vols directs Kisangani- Kinshasa. Étant donné qu’à l’impossible nul n’est tenu, voilà pourquoi une seule personne a pu voyager
mais trois personnes précitées de l’Université de Kisangani ont participé activement aux travaux jusqu’au dernier jour.

De ce qui précède, la Tshopo, la ville de Kisangani en général (et l’Université de Kisangani en particulier) ont été présentes à tous les travaux, y compris à ceux de Lubumbashi. Il n’y a
eu ni déconsidération de l’autorité (le Ministre de l’ESU et sa coordination) sur Kisangani parce qu’elle nous a toujours associé depuis le début. Il n’y a non plus eu sabotage de la part
des autorités des établissements de la ville parce qu’elles ont participé aux travaux sous plusieurs formats et organisé l’atelier de sensibilisation le mois dernier qui a produit un rapport consistant transmis à la coordination nationale des EGESUC.

C’est ici qu’il faut
reconnaitre le mérite sans faille du Recteur de l’Université de Kisangani, le PO Benoît DEDH’A DJAILO pour son sens aigu de responsabilité et d’écoute dans la collaboration à
tous les niveaux pour réussir à faire participer activement les EESU de la Tshopo à tous les
travaux. Il est vrai que les travaux de Lubumbashi n’ont réuni qu’un échantillon de nos experts. Ce n’était nullement une Affaire de Géopolitique où tous les villages du Congo devraient être représentés et que mon village Ngilimi de Mituku-Basikate à Ubundu devrait coûte que coûte être là.

En toute rationalité et de façon raisonnable pour la coordination, seul le domaine de l’expertise a été l’indicateur principal de la représentation. Dans le pays, dans toutes les provinces et dans la diaspora, plus de 26.000 congolais qui ont répondu au questionnaire en ligne y ont participé.

2. Des résolutions/recommandations des états généraux de Lubumbashi

À propos de l’opportunité des états généraux de Lubumbashi, il convient de signaler que depuis 1954, les différentes réformes dans le secteur de l’ESU avaient chacune des buts et des objectifs précis. C’est depuis 25 ans qu’un travail pareil a pu être réalisé dans ce pays et qu’il était opportun de convoquer les états généraux qui figurent comme un pilier central dans l’axe de l’éducation du gouvernement. Ces travaux qui ont commencé depuis le gouvernement passé, ont été rendu possibles et se sont achevés grâce à la volonté politique du Chef de l’Etat, de l’actuel Premier Ministre et de son gouvernement et à la bravoure, à la créativité et à la magnanimité de l’actuel Ministre de l’ESU pour qui dans un laps de temps fait écho positif,
palpable et indéniable hors pair.

A la différence des cérémonies de lancement des examens d’Etat ou de vaccin pour les enfants ; vu que les travaux des états généraux sont des travaux techniques qui appellent les experts dans le domaine à réfléchir en toute liberté et sans pression extérieure des autorités ; et pour prouver que l’éducation nationale n’est pas le cadet de ses soucis, le Chef de l’Etat a dépêché son technicien dans le domaine, le Conseiller Principal chargé de l’éducation et de la recherche pour participer aux travaux. Il en était de même pour le Premier Ministre, l’Assemblée Nationale, le Senat et quelques Ministères liés aux différentes préoccupations de l’ESU y compris l’armée et d’autres services de sécurités et de l’Etat liés à ces travaux. Le ministre avec sa coordination, par souci d’inclusion de toutes les compétences nécessaires, a
fait même recours à l’expertise des anciens ministres de l’ESU parmi lesquels trois étaient
présents.
La présence de tous ces techniciens proactifs dénote que les autorités précitées sont venues en appui au Ministre de l’ESU, qui n’a pas agi en électron libre, moins encore pour se chercher une santé politique comme l’avaient dit certaines langues. Etant une œuvre du Gouvernement sous l’impulsion du Chef de l’Etat, ils avaient le devoir de réussir et de privilégier la qualité que le paraître protocolaire durant les cérémonies du lancement ou de clôture comme le voulaient certains par esprit machiavélique déjà enraciné en eux et par hostilité au changement de mentalité. Certains comme ils se croient indispensables, le fait pour eux de ne pas être là physiquement donc rien de bon ne pouvait sortir là et rien ne pouvait réussir.

À mon avis, ils ont droit à la liberté d’expression mais pas droit de caricaturer la vérité et surtout de saper les efforts suffisamment murs déjà engagés en plein vol réussi d’aggiornamento.

Est-ce que ces résolutions seront d’application se demande plus d’un ? Tout en reconnaissant
la pertinence de la préoccupation, quelques-uns sont pessimistes sur la mise en application des
résolutions/recommandations des EGESUC. Ils justifient leur pessimisme par l’expérience du
passé où les différentes résolutions ou reformes sont restées lettres mortes. Mais seulement ils oublient que les animateurs des institutions concernées sont autres avec leurs propres visions, bravoures et volonté politique que ceux du passé qui n’ont produit que d’échec selon eux.
De ce fait, on ne doit pas coller à un système les failles d’un autre. Il serait prématuré de juger la faisabilité ou non de ces résolutions sans accorder le temps nécessaire à sa mise en œuvre avant l’évaluation.

Ma grand-mère me dit souvent « muyukulu wangu, kama kuku haaya totola, habapokeyake liyayi », « mon petit-fils tant que la poule n’a pas encore pondu, on ne peut pas accueillir l’œuf ». C’est imprudent de dire que ces résolutions vont connaitre le même sort que par le passé. Il faut faire la différence entre doute sceptique (douter pour douter) et doute méthodique (douter puis travailler sa raison pour chercher la vérité) selon
René Descartes.

Par ailleurs, il convient de préciser que les résolutions/recommandations doivent être évaluées
de façon holistique. Il y en a qui sont adressés au Premier Ministre, d’autres au ministre de
l’ESU qui a rassuré les participants qu’il mettra en application ce qui lui revient « dès demain ». La circulaire sur les Facultés de médecine confirme déjà le début de mise en œuvre de ce qui le concerne en moins d’une semaine. Ceux et celles qui ont sous-estimé la capacité du Ministre à mettre en application cette décision après les trois ans de moratoires peuvent comprendre que les jours se suivent mais ne se ressemblent pas. C’est une grande décision courageuse et salvatrice prise pour le bien de chacun de nous qui tombe malade et doit être soigné dans ce pays avec sécurité. Si les bonnes œuvres peuvent profiter à la notoriété d’un acteur politique, il serait élégant d’encourager et d’imiter ce type de conduite que de jeter de l’opprobre sur une jeunesse aguerrie, une jeunesse des warriors dont fait suffisamment preuve avec admiration l’actuel Ministre de l’ESU.

Par extension, il convient de souligner que d’autres recommandations doivent être mises en application par les membres des comités de gestion, les doyens des facultés ou chefs de
sections, les chefs de département, et par nous-mêmes corps enseignant y compris par les étudiants. Dans ce cas, chacun doit jouer son rôle que de croire et faire croire que seul le
Ministre de tutelle, le Premier Ministre et son gouvernement ou carrément le Chef de l’Etat sont concernés par la mise en œuvre de cette réforme tant souhaitée puisque tant attendu.

Il faut retenir également que tout ne peut pas être résolu que par l’argent. Pour changer la
mentalité et lutter contre les antivaleurs, c’est la tête qu’il faut formater d’abord en vue
d’atteindrel’aggiornamento voulu. Même pour l’argent, c’est la tête qui doit chercher
l’argent. La preuve est là, le Ministre de tutelle a réussi à faire fonctionner la tête avec son équipe pour réussir à organiser les états généraux de l’ESU avec succès, chose attendue et impossible depuis plus de deux ans et qui demandait des moyens conséquents.

Sur le basculement vers le système LMD, je salue les inquiétudes des uns et des autres face à
la réussite ou non dudit système notamment le problème de financement, les infrastructures,
l’évaluation en amont du système et autres, choses prises en compte durant les travaux (Cf. le
livret des résolutions). Pour pallier à ces problèmes, trois ans (2022-2024) sont fixés pour assoir les phases de préparation, de démarrage et de consolidation du LMD dans notre pays en tenant compte de nos réalités et en fonction des besoins de la société. Puisque la loi existe, que les techniciens s’impliquent pour aider à la mise en œuvre de LMD.

J’appelle à la conscience de tous les députés nationaux et aux sénateurs qui sont passés par l’école et
l’université, à allouer un budget conséquent (de 20 à 25% selon les EGESUC) dans le secteur de l’éducation pour cette année budgétaire en vue d’un aggiornamento escompté dans ce pays.

Professeur Grison-Trésor KAKUMBI BELUMBA, Secrétaire-Rapporteur de l’Association des Professeurs de l’Université de Kisangani et Expert aux états généraux

Steves

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