Dans l’amphithéâtre ESUKA récemment inauguré à l’Institut supérieur de commerce de Kisangani, l’atmosphère est attentive, presque électrique. Majoritairement étudiants, les participants sont venus chercher autre chose qu’un discours politique de plus. Ils repartiront avec des réponses, des nuances et des applaudissements.

La conférence, placée sous le thème « Paix politique et développement de la Grande Orientale face aux accords de Washington et de Doha », a servi de cadre à un échange direct entre responsables politiques, universitaires et étudiants sur les perspectives de paix en République démocratique du Congo, particulièrement dans l’Est du pays.

Une parole politique décryptée

Face à l’auditoire, l’honorable Grâce Neema Paininye, Questeure adjointe de l’Assemblée nationale, adopte un ton pédagogique. Elle contextualise les accords de Washington et de Doha, insiste sur leur portée stratégique et salue la volonté du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo de pacifier durablement le pays.

L’accord de Washington avec les États-Unis d’Amérique, explique-t-elle, ne se limite pas à un signal diplomatique : il ouvre des perspectives concrètes en matière d’infrastructures, de sécurisation des investissements et de crédibilité internationale. Une approche qui tranche avec les discours incantatoires souvent reprochés à la classe politique.

Elle a pris le temps d’expliquer. Ce n’était pas un discours pour convaincre, mais pour faire comprendre », souligne Patrick, étudiant en L3 Douane.
« On sent qu’elle veut associer la jeunesse au processus de paix, pas seulement nous demander d’y croire », ajoute Nadine ,Master en sciences économiques

Des applaudissements comme signal politique

Les réactions ne se font pas attendre. À la fin de son intervention, des applaudissements nourris ponctuent la salle.

Qu’elle continue à venir dans les universités. Nous avons besoin de dirigeants qui dialoguent avec nous », lance Moïse, étudiant en L3

Pour plusieurs étudiants, l’adhésion tient moins à la personne qu’à la méthode : expliquer, accepter les questions, reconnaître les limites des accords tout en en exposant les enjeux.

Le rappel académique qui fait consensus

Si l’intervention de Grâce Neema Paininye convainc, celle du professeur Trésor-Grison Kakumbi Belumba, de l’Université de Kisangani, achève et structure le débat. Son message est clair : la paix durable ne peut être uniquement négociée à l’extérieur.

Le professeur a dit ce que beaucoup pensent : la paix ne se décrète pas depuis l’étranger, elle se construit ici », analyse Sarah, étudiante en droit.
« Son exposé était scientifique, mais très proche de notre vécu », ajoute un autre participant.

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Cette complémentarité entre parole politique et analyse académique est largement saluée par le public.

Une jeunesse qui veut comprendre, pas subir

Dans les couloirs, le débat se prolonge. Si les étudiants de Kisangani ont applaudi Grâce Neema Paininye, c’est donc moins par adhésion partisane que par reconnaissance d’une parole expliquée, confrontée à une analyse rigoureuse, et ouverte au dialogue. Un signal fort venu de la Tshopo : en RDC, la paix ne se contente plus d’être proclamée elle se discute, et la jeunesse entend bien en être actrice.

Je suis venu par curiosité. Je repars mieux informé et plus exigeant », confie Jean-Bosco, habitant de Kisangani.

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