À Kisangani, dans la province de la Tshopo, une correspondance adressée au Procureur général près la Cour de cassation relance le débat autour du projet de construction de la route reliant l’aéroport international de Bangboka au centre-ville. À l’origine de cette démarche, Me Christian Kambi Mateleka, président de la Nouvelle Dynamique de la Société Civile (NDSCI), qui dénonce une « complaisance » dans le traitement judiciaire du dossier impliquant l’entreprise SOPECO.

Dans sa lettre adressée à Firmin Mvonde Mambu, Me Kambi affirme que le dossier référencé RMP 7050, ouvert au parquet général près la Cour d’appel de la Tshopo, n’évolue pas de manière satisfaisante. Selon lui, cette situation suscite l’incompréhension et l’indignation d’une partie de la population locale, qui attend des réponses sur la gestion de ce projet d’infrastructure.

L’affaire remonte au 22 septembre 2025, date à laquelle la NDSCI avait saisi la justice afin d’attirer l’attention sur ce chantier jugé d’intérêt public. Cette initiative avait conduit à l’ouverture d’une procédure visant l’entreprise SOPECO, en charge des travaux de construction de la route reliant l’aéroport de Bangboka à la ville de Kisangani, ainsi qu’une voie secondaire.

Mais plusieurs mois après, la structure citoyenne estime que l’instruction du dossier est marquée par une lenteur préoccupante. Dans sa correspondance, Me Kambi évoque un traitement « empreint de légèreté », alors que les enjeux financiers et sociaux restent importants.

Selon les éléments avancés, le projet d’asphaltage de 21,2 kilomètres avait été lancé le 3 décembre 2022 pour un coût global estimé à 30 millions de dollars américains. À ce jour, environ 22,65 millions de dollars auraient déjà été versés à l’entreprise exécutante.

Autre sujet d’inquiétude , l’arrêt du chantier. Selon Me Kambi, les travaux sont actuellement suspendus, en dépit du versement d’une nouvelle tranche de financement de 10 millions de dollars intervenue le 24 juillet 2025.

Dans ce contexte, l’avocat indique avoir déjà saisi la Primature en août 2025 pour demander une évaluation du projet avant tout nouveau décaissement. Une démarche qui, selon lui, est restée sans suite.

En saisissant aujourd’hui le Procureur général près la Cour de cassation, Me Kambi dit vouloir obtenir une implication directe de la haute hiérarchie judiciaire afin que « toute la lumière soit faite » sur ce dossier. Il rappelle par ailleurs que cette affaire avait déjà été évoquée lors d’une journée portes ouvertes organisée à la Cour d’appel de la Tshopo, au cours de laquelle les organisations citoyennes avaient été encouragées à recourir à la justice.

À Kisangani, où la route de Bangboka est considérée comme un axe stratégique pour la mobilité et le développement économique, cette nouvelle démarche relance les attentes autour de la transparence dans la gestion des fonds publics et de la relance effective des travaux.

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