Dans un communiqué rendu public ce lundi 21 septembre 2026 et consulté par Kis24, l’ONG Actions pour la Justice, le Développement et les Droits humains (AJDDH) dénonce la traque des activistes, les interpellations des organisateurs et le déploiement des forces de sécurité à Kisangani en marge de la marche appelée par la coalition C64, le 15 septembre dernier, pour s’opposer à tout changement de la Constitution. L’organisation affirme que certains organisateurs ont été détenus dans les cachots des services de renseignement.
Selon l’AJDDH, plusieurs activistes ont été traqués avant la manifestation. L’organisation dénonce également l’interdiction de la marche ainsi que le dispositif policier déployé pour empêcher les manifestants d’atteindre le point de rassemblement.
L’ONG évoque également l’encerclement des manifestants et le verrouillage de plusieurs axes routiers à Kisangani. Elle dénonce, plus largement, les interpellations et détentions qu’elle qualifie d’arbitraires d’acteurs politiques et de la société civile, ainsi que les restrictions à la liberté de circulation dans plusieurs villes du pays.
Pour l’AJDDH, la liberté de manifestation et de réunion pacifique constitue un droit fondamental garanti par l’article 26 de la Constitution. L’organisation dénonce ce qu’elle considère comme des dérives sécuritaires, un recours excessif à la force et l’implication de groupes de pression ou de milices politiques dans les violences ayant entouré les manifestations.
Au niveau national, l’AJDDH fait également état de violences à Kinshasa, notamment d’affrontements impliquant des jeunes se réclamant de la « Force du Progrès », ainsi que de blessés et de tirs rapportés à Lubumbashi. Elle demande l’ouverture d’enquêtes judiciaires indépendantes afin d’établir les responsabilités dans les violences et les interpellations enregistrées lors de la journée du 15 septembre.
L’organisation appelle enfin à la libération des manifestants, opposants et acteurs de la société civile qu’elle estime arrêtés arbitrairement. Elle demande également le démantèlement des groupes de pression politiques et appelle à poursuivre les préparatifs des élections de 2028 parallèlement au dialogue national annoncé par le président de la République.
À Kisangani, cette manifestation avait été interdite par le gouverneur de la Tshopo dans un contexte marqué par la maladie à virus Ebola. Un dispositif provincial interdisant les rassemblements publics était alors en vigueur dans le cadre des mesures sanitaires prises pour limiter la propagation de l’épidémie. L’interdiction de la marche s’inscrivait ainsi dans ces mesures de prévention sanitaire.

