Dans un cri d’alarme adressé au Chef de l’État et au Gouvernement, la Fondation Blaise Oleko dresse un bilan apocalyptique de la situation sécuritaire dans le territoire de Lubutu. Entre affrontements armés et déplacements massifs, plus de 144 000 personnes errent sans assistance.

Le territoire de Lubutu est-il en train de devenir une zone fantôme ? C’est la question qui ressort du rapport alarmant publié ce vendredi par la Fondation Blaise Oleko, une ASBL engagée dans la défense des droits humains. Depuis le 06 décembre dernier, des affrontements violents opposent les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) à des groupes dits « Wazalendo ». Ce face-à-face armé a plongé la région dans un chaos total, provoquant l’exode de la quasi-totalité de la population civile.

Selon les données croisées par la Fondation et la société civile locale, l’ampleur du sinistre est sans précédent pour la province :

  • 144 722 personnes déplacées ;
  • 36 968 ménages ayant abandonné leurs foyers ;
  • Plus de 20 villages et cités (dont Lubutu-centre, Umauwa, Makombo et Bitule) totalement vidés de leurs habitants.

« La population survivante vit dans des conditions extrêmement précaires. Sans nourriture, sans médicaments et sans abris, les femmes et les enfants sont livrés à eux-mêmes dans la brousse », déplore Lucien Kutionga, rapporteur de la Fondation.

Un silence jugé « inacceptable »

La Fondation Blaise Oleko pointe du doigt une absence d’intervention des autorités tant provinciales que nationales. Elle fustige également le silence des partenaires internationaux face à ce qu’elle qualifie de violations graves des droits fondamentaux.
L’ASBL rappelle que la protection des populations est une obligation constitutionnelle et que l’abandon prolongé du territoire de Lubutu constitue une menace directe pour la cohésion nationale.

Face à cette tragédie, la Fondation Blaise Oleko formule quatre exigences urgentes dont l’intervention militaire responsable pour protéger les civils et rétablir l’autorité de l’État, l’urgence d’un déploiement immédiat d’une assistance médicale et alimentaire pour les déplacés.

La fondation exige aussi l’ouverture d’enquêtes indépendantes pour établir les responsabilités de ces violences et appelle aux agences internationales pour briser le silence et sauver des vies à Lubutu.

Alors que les regards sont tournés vers d’autres fronts sécuritaires, la Fondation Blaise Oleko réaffirme sa solidarité avec les victimes et se dit prête à soutenir toute initiative de médiation pour ramener la paix dans le territoire.

Leave A Reply