Et si le mauvais état des routes n’était pas la principale cause de la flambée des prix des denrées alimentaires dans la province de la Tshopo ? C’est la thèse défendue par l’entrepreneur Gustave Ekambu, qui estime que le véritable problème est avant tout le faible niveau de production agricole.
À contre-courant des analyses qui attribuent la vie chère essentiellement au délabrement des infrastructures routières, le directeur général d’Agito Forever RDC affirme qu’aucune route, aussi moderne soit-elle, ne pourra faire baisser durablement les prix si les champs ne produisent pas suffisamment.
On ne peut pas nourrir toute une province avec des exploitations de un ou deux hectares. Il faut produire à grande échelle », soutient-il.
Pour inverser la tendance, Gustave Ekambu propose que le gouvernement provincial mette en place un vaste programme de financement des coopératives agricoles. Selon lui, les producteurs d’Opala, de Banalia, d’Ubundu et d’autres territoires devraient être organisés en grandes exploitations collectives de plusieurs dizaines d’hectares afin d’accroître la production de riz, de maïs et d’autres cultures vivrières.

Il estime que le principal obstacle n’est pas le manque de terres, mais l’absence de financements. L’État devrait ainsi devenir un partenaire-investisseur en accompagnant les agriculteurs jusqu’à la rentabilisation de leurs projets, tout en développant une marque propre aux produits agricoles de la Tshopo.
Pour Gustave Ekambu, cette stratégie permettrait non seulement de réduire la dépendance alimentaire de la province, mais aussi de créer des emplois, de stimuler l’économie locale et, surtout, de faire baisser durablement les prix sur les marchés.
Cette prise de position relance le débat sur les véritables priorités de la Tshopo : faut-il continuer à miser essentiellement sur les infrastructures routières ou investir davantage dans une production agricole de grande échelle pour lutter contre la vie chère ?

