L’organisation Ukumbusho a débuté, ce lundi 28 juillet 2025 à l’Espace américain de l’ISP Kisangani, une série d’activités, dans le cadre du programme « la justice et le devoir de mémoire ». Une conférence a été animée sous le thème : « lutte contre l’impunité et l’oubli des violations graves des droits humains en RD Congo : guerre de trois et un jours à Kisangani ».

Devant une assistante, majoritairement jeune, Pierre Kibaka et Maurice Abibu Sakapela ont intervenu, chacun, sur : « Guerre de trois et un jours : récit des faits ». Claudine Bela, quant à elle, a exploité la sous thématique « Guerre de trois et un jours : justice et devoir de mémoire ».
Pierre Kibaka et Maurice Abibu Sakapela, témoins oculaires de ces guerres de trois et un jours en 1999, ont raconté ce qui s’était vraiment passé. Maurice Abibu Sakapela, Vice—gouverneur en charge de l’administration à l’époque, a partagé ses expériences personnelles et déploré qu’il ne soit pas consulté pendant qu’il fait partie des ceux qui ont été aux affaires pendant la guerre d’un jour à Kisangani.

« La guerre d’un jour m’avait trouvé déjà Vice—gouverneur. Je connais beaucoup de vérités sur ce qui s’est vraiment passé. Je suis toute une bibliothèque mais on ne me consulte pas ». A-t-il dit.
Le conférencier Maurice Abibu a, par ailleurs, encouragé Ukumbusho et lui tiré des oreilles pour la communauté internationale.
« J’encourage la lutte mais il faut savoir avec quel acteur jouer. Je ne suis pas contre la communauté internationale mais il ne faut pas jouer de la communauté internationale. Dans toutes les crises que le Congo connait, quelque part elle est metteur en scène. Il faudrait qu’on développe le comportement de l’auto prise en charge. Savoir compter sur soi-même avant de compter sur l’apport de l’autre ».
Claudine Bela, activiste de la défense des droits humains, en plus de raconter sa propre expérience, a relevé quelques efforts fournis, après cette guerre, notamment la documentation des faits qui doivent bien être exploitée pour que la vraie justice soit rendue aux vraies victimes.

Pour l’organisation Ukumbusho, cette lutte fait partie des objectifs assignés à sa création.
« Dès la naissance de notre organisation, nous travaillons sur les questions de droits humains et de devoir de mémoire. Et particulièrement, nous luttons contre l’impunité et l’oubli. Il n’y a pas que la guerre de 6 jours. Nous parlons, aujourd’hui de plusieurs autres guerres pour que la jeune génération en prennent connaissance, luttent pour la justice et refusent leurs répétitions » a fait savoir Me Blaise Monduka, Coordonnateur de l’organisation Ukumbusho.
En plus de cette conférence, plusieurs autres activités seront organisées pendant une année notamment le culte œcuménique, les exposés, les tribunes d’expression. Ces activités permettront, a en croire Blaise Monduka, à la population de Kisangani de s’approprier les questions de ces guerres, connaître l’histoire et prendre des dispositions pour son avenir.

